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10 infos étonnantes sur W. C. Fields

21 Jan 2019 | Les miscellanées | 0 commentaires

Vous le savez maintenant, la curiosité est mon moteur. Je tiens un sujet d’article. Je potasse, je recherche, je googlise, je wikipediase. Je tombe sur des filons d’informations que je trouve passionnantes et je les mets de côté en attendant que l’inspiration m’amène à les utiliser dans un nouvel article.

C’est typiquement ce qui s’est passé avec W. C. Fields. Son nom se trouvait dans la liste cinéma du Hollywood Walk of fame que j’ai mise en ligne vendredi. J’avais en mémoire quelques citations du bonhomme qui m’avaient marqué. J’ai envie d’en savoir plus, je furète et je tombe sur  une personnalité incroyable. Y allait-il avoir 10 infos étonnantes sur lui pour me permettre d’en faire un article. Le suspens est éventé puisque, ben, vous le lisait, l’article en question.

Avant de balancer mes surprenants biscuits, parce que j’imagine que la plupart d’entre vous ne connaissent pas – et c’est logique – mon gars au nom de chiottes, permettez-moi de faire les présentations en « bonnet difforme ». De son vrai nom William Claude Dukenfield, W. C. Fields était un jongleur, humoriste, scénariste et acteur américain. Il est né le 29 janvier 1880 à Darby, en banlieue de Philadelphie, et a quitté notre monde le jour de Noël 1946 à Pasadena. Il possède une filmographie qui va de 1915 à 1944 et est un des rares acteurs à avoir passé la cap du cinéma parlant.

1 – Le nez de W. C. Fields

Le regretté Corbier chantait le nez de Dorothée, Cyrano du sien fit une tirade, celui de Fields était son enseigne, sa marque de fabrique. Ce que je ne vous ai pas dit dans ma brève présentation, c’est qu’il trainait une réputation – ce n’était pas qu’une réputation, d’ailleurs – d’alcoolique invétéré. Pour tout le monde, il portait en plein milieu du visage ses goûts immodérés pour la dive bouteille. Quand on le voit, on ne peut pas ne pas remarquer l’importance de cet appendice dont on aimerait faire des frites pour toute la famille. J’en veux pour exemple cette caricature signée Steve Nyman.

Pourtant, ce trait physique n’était pas dû à l’alcool mais à un rhinophyma, une affection qui se traduit par une enflure du nez. La nature, et la maladie, lui imposa cet enflement qui s’amplifia d’année en année.

2 – Une maladie porte son nom

Pour être précis – c’est le petit moment médical de l’article, comme quoi on apprend vraiment de tout à la lecture de ce magnifique blog – le rhinophyma est dû, au départ, à une rosacée qui a mal évoluée. Ce qu’on appelle communément la couperose. Et là, je vous entends m’invectiver en me reprochant d’avoir dit des conneries dans l’info précédente. Tout ça vient du lever de coude à outrance du W. C. qui, pour le coup, doit certainement son nom au fait qu’il allait souvent pisser. Que nenni. L’alcoolisme n’est pas, contrairement à la croyance populaire, à l’origine de la rosacée, même si la consommation d’alcool, et parfois modérée, peut l’aggraver. Toutefois – comme quoi vous n’avez pas tout à fait tort non plus -, un syndrome médical qui caractérise une rosacée associée à l’alcoolisme porte aujourd’hui le nom de l’acteur qui en fut la plus célèbre représentation.

Mais en toute chose, malheur est bon. Le clown qu’il a toujours été doublé du pingre qu’on le soupçonnait d’être ont été ravi de faire autant d’économies sur l’achat de nez rouges.

3 – Une réputation d’avare

W. C. Fields serait un Harpagon. C’est ce que la légende aurait, entre autre, retenu de l’acteur. Tordons le cou à cette rumeur. Il y avait le personnage qu’il présentait au public, odieux – nous y reviendrons juste après -, misanthrope, sans amour pour ses semblables. En clair, un ignoble personnage. Mais l’homme derrière le nez n’était pas ce qu’il semblait être. En 1904, il n’est pas encore l’acteur qu’on connait. Il est en tournée de scènes et music hall de la planète. Il faut savoir qu’à cet époque, il est considéré comme le plus grand jongleur du monde. L’alcool viendra plus tard. C’est à cette période qu’il suggère à son père de prendre sa retraite et, pour l’y aider, lui achète une résidence d’été. Quand il quitte sa femme Harriet, il continue à subvenir au besoin de sa famille. Il en fera d’ailleurs de même jusqu’à la majorité d’un fils illégitime issu d’une liaison avec la danseuse Bessie Poole. Bon, sans pour autant le reconnaître ni accepter de le voir une fois devenu adulte. Faut pas déconner. Pas radin, mais avec son petit caractère tout de même.

On sait également qu’il donnait des fonds pour une œuvre de charité au profit « de garçons et filles orphelins blancs, dans laquelle ne serait pas enseignée la religion, de quelque type que ce soit ». Hâtons-nous, toutefois, de ne pas crier au racisme trop vite. Les « orphelins blancs », c’était une réaction au fait qu’il avait été volé par l’un de ses employés noir. « Je n’ai pas de préjugés. Je déteste pareillement tout le monde. » disait le clown. L’homme était connu pour traiter tous les hommes au même niveau et il a souvent exprimer publiquement qu’il était en faveur de l’égalité raciale.

Il n’était pas moins avare de compliments envers les Marx Brothers dont il louait le talent protéiforme. En revanche, il était jaloux de Charlie Chaplin qu’il qualifia un jour de « meilleur danseur de ballet au monde ». Dans sa bouche, ce n’était pas un compliment.

4 – Ses succulentes saillies

Je ne résiste pas au plaisir de vous compiler quelques uns des ses bons mots.

Si le clown est triste, c’est tout simplement parce qu’il est mal payé.

Je bois donc je suis.

Si je bois, c’est pour rendre les autres intéressants.

J’aime les enfants… bien cuits !

Assis au carrefour de l’art et de la nature, j’essaie d’élucider où finit Hollywood et où commence le delirium tremens.

La chose la plus drôle que puisse faire un comédien, c’est de ne pas la faire.

Tu n’invoqueras pas le nom de Dieu avant d’avoir épuisé tous les mots de cinq lettres.

Lorsqu’un humoriste déclenche des rires imprévus, sa première réaction est de vérifier si sa braguette est ouverte.

Et sans doute la plus connue, celle qui a fait sa réputation : « Un homme qui déteste les enfants et les chiens ne peut pas être tout à fait mauvais. »

5 – Ne jamais l’embaucher pour du baby-sitting

Bon, là, ça ne risque plus d’arriver mais imaginez que le voyage dans le temps devienne une réalité dans les prochaines années au point de se démocratiser et que lors d’un de vos périples vous rencontriez mon gars W. C., ben, ne lui confiait pas votre jeune enfant. Lors du tournage de Tillie and Gus, profitant d’une absence momentanée de la nourrice, l’acteur a versé une dose de gin dans le biberon du bébé qui mettra une journée à dessoûler.

6 – Parano, mais rigolo

Je n’ai pas l’assurance que la petite histoire que je vais vous raconter soit vraie mais elle est pour le moins savoureuse. Si elle l’est, elle tient à mon sens plus de l’humour vachard que de la pure paranoïa. W. C. Fields aurait caché des micros le long du trottoir devant sa demeure pour lui permettre d’écouter les commentaires de ses invités au sortir des dîners. L’idée étant d’y faire allusion la fois suivante quand ceux-ci étaient désobligeants. De quoi mettre une belle ambiance pour la soirée.

7 – Faux noms

W. C. Fields signait souvent ses scénarios non seulement de pseudonymes variés mais surtout fantaisistes : Charles Bogle, Otis Criblecoblis ou encore Mahatma Kane Jeeves, un jeu de mots de son début de carrière, « My hat, my cane, Jeeves » (Mon chapeau, ma canne, Jeeves).

8 – Quel personnage de cartoon a-t-il inspiré ?

Si vous avez moins de, disons 20 ou 30 ans, vous ne connaissez sans doute pas le personnage en question. Pour les autres, si je vous parle d’un vieux monsieur chauve que l’insondable myopie entraîne dans des situations rocambolesques, des quiproquos absurdes et des gags à foison, vous aurez sans doute reconnu Mister magoo. Ceci dit, je note quand même une petite différence entre le modèle et le personnage, Mister Maggo, lui, aime les chiens.

Allez hop, une petite vidéo pour le souvenir ou la découverte.

9 – Quel est le rapport entre W. C. Fields et les Beatles ?

Alors que le premier est mort en 1946 et que les suivants ont connu la gloire dans les années 60, qu’est-ce qui peut bien les lier ? La pochette d’un des albums des quatre garçons dans le vent, pour certain le meilleur, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. On y trouve derrière le groupe, un collage de personnages sélectionnés pour avoir influencés les Beatles. Je vous la présente ci-dessous en ayant entouré W. C. Fields.

10 – Des références en veux-tu en voilà !

La pochette de Sgt. Pepper est une des nombreuses références qui prouvent que le personnage de W. C. Fields a marqué  les esprits. Je vous en offre quelques autres.

Une caricature de Fields apparaît dans le 55ème album de Lucky Luke, Western Circus.

Dans Tales of the Wizard of Oz, une série de dessins animés canadiens des années 1960, l’acteur qui prêtait sa voix au magicien d’Oz imitait  Fields. Ce clin d’œil n’est pas sans fondement puisque l’acteur avait été pressenti un temps pour le rôle titre du film de 1939 avec Judy Garland. Mais il avait dû décliner la proposition, lui préférant l’écriture du scénario du Cirque en folie.

On voit Fields, assis sur le banc des spectateurs, dans un dessin animé Disney de 1936 mettant en scène Mickey, L’Équipe de Polo.

Toujours chez Disney, dans Mother Goose Goes Hollywood, un dessin de la série Silly Symphonies de 1938, W. C. Fields est caricaturé dans le rôle de Humpty Dumpty, en référence à son rôle dans le film Alice au pays des merveilles de 1933.

Plus près de nous, dans la série Les enquêtes de Murdoch qui passe régulièrement le dimanche soir sur France 3, on a pu voir Andrew Chapman jouer le rôle de W. C. Fields. C’était en saison 8, l’épisode s’intitulait La mascarade des perdreaux.

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