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Noël, l’exception française

25 Déc 2018 | L'Impossible Dictionnaire | 0 commentaires

Dimanche, je me moquais des titres putaclics de certains youtubeurs. On ne va pas se mentir, le titre du présent article est plutôt dans la même veine. Mais pas mensonger pour autant. Je ne vais pas vous parler de la fête « Noël » mais du mot « Noël ».

Dans l’article d’hier, nous remontions aux sources de la légende du gros barbu distributeur de cadeau. Faisons de même, étymologisons le nom de la fête des cadeaux. Si je vous dis Noël, vous pensez bien sûr nouvelle Playstation, sapin à boules et dinde fourrée, mais aussi petit Jésus, Crèche et rois mages. Avant d’être purement marketing, Noël est avant tout une fête de tradition chrétienne. Preuve en est, elle n’est fêtée que du bout du sapin par les pays du monde dont la religion est autre.

Comment fête-t-on Noël en dehors de la chrétienté ?

Chez les musulmans, la fête qui se rapproche le plus de Noël est l’Aïd el Fitr qui clôt le mois du jeûne du ramadan et où les enfants reçoivent des cadeaux ». Pas en décembre, donc.

Chez les chinois, c’est l’heure des préparatifs de leur nouvel an qui se déroule, l’année prochaine, le 5 février.

Chez les japonais, Noël est l’occasion d’une drôle de tradition qui veut que le repas du jour se doit d’être acheté, et même réservé tant la demande est forte, au KFC.

Chez les juifs, on sort de Hanouka, la fête des Lumières, qui s’est tenue cette année du 2 au 10 décembre et où on s’échange des cadeaux, généralement le premier jour, pour fêter l’importante victoire militaire des Maccabées symbolisant la résistance spirituelle du judaïsme à l’assimilation grecque.

Enfin chez les tamouls, on est en pleine période de carême pour remercier les divinités. Les repas familiaux tamouls auront lieu début janvier, notamment lors de la fête du Pongal.

C’est bien beau tout ça, merci l’Impodico, on a appris plein de trucs intéressants mais elle est où l’explication étymologique, l’exception culturelle, la non putacliquerie ?

Comment appelle-t-on Noël dans d’autre langues ?

En anglais : Merry Christmas = joyeuse messe de Christ
En allemand : Weihnachten = La nuit sacrée
En Espagnol : Feliz Navidad = joyeuse nativité
En Italien : Buone Feste Natalizie = bonne fête de nativité
En grec : Christougenna = naissance du Christ

On est bien d’accord que le point commun est la référence évidente à la naissance du Christ et à son sens sacré. Quid de l’appellation « Noël » ? À vrai dire, comme pour le premier texte faisant allusion à l’existence du Père Noël comme on le connait aujourd’hui, aucune certitude ne se détache. Et la plupart des hypothèses connues n’en sont pas moins tirées par les rennes.

D’où vient le mot « Noël » ?

Même si l’origine semble biblique, on se perd en conjectures quand à l’étymologie exacte.

Le mot pourrait provenir de l’expression latine dies natalis, jour de naissance. Au fil du temps, « natalis » aurait phonétiquement évolué en « Nael », mot apparu en l’an 1120. Tout le monde semble s’entendre sur l’évolution de « Nael » en « Noël » mais les origines divergent. Pour certains « Na » viendrait de «natalis» et « el » désignerait Dieu. Pour d’autres, on trouverait l’emploi du mot « Nael » dans l’évangile de Luc verset 2 chapitre 11 : Natus est vobis Emmanuel, Il est né pour vous Emmanuel. Et donc le « N » proviendrait de « Natus », le « V » de « vobis », le « E » et « L » d’ »Emmanuel », « Nvel » se prononçant « Nael ». Quant aux plus jupitériens, ils y voient la contraction du mot hébreu « Emmanuel » se prononçant « Immanouel ».

Pourtant, une origine bien plus païenne aurait les faveurs des linguistes avec le mot « noio » voulant dire « nouveau » et « hel », le soleil, ce qui aurait donné « Noioel ».

Et le tréma, alors ?

Le tréma sur le « e » est rarement utilisé dans la mesure où la voyelle possède une grande palette d’accents. On l’emploie essentiellement quand le « e » est précédé d’une autre voyelle pour distinguer la suite « ae » ou « oe » des lettres doubles « æ » et « œ ». Si il y a un tréma dans « Noël », c’est pour vous éviter de le prononcer comme « fœtus ». Encore une preuve pour le camp païen. Tu la sens la parfaite mauvaise foi ? Et donc l’esprit agnostique du maître des lieux qui n’en possède qu’une mauvaise, de foi. Et puis même si on se place stricto sensu du côté de la religion, pourquoi aurait-on choisi un jour en particulier pour fêter le fils de Dieu alors qu’un bon catholique devrait le célébrer chaque jour que Dieu fait ?

C’est sur cette question que je vous laisse vous resservir en chapon. Joyeuses fêtes de fin d’année à vous, à votre famille et à vos proches. Et à bientôt pour un nouvel article qu’il faudra fêter comme il se doit en, pourquoi pas, le partageant sur les réseaux sociaux ou en le commentant. 😉

Sources : zinfos974.com, pleinsfeux.org, bricefaitdesphrases.fr.

 

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