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Le texte qui a donné naissance au père Noël

24 Déc 2018 | L'Impossible Dictionnaire | 0 commentaires

Aujourd’hui, nous pensons tous au gros barbu habillé de rouge. Aujourd’hui, est un jour magique réunissant petits et grands. Aujourd’hui, nous croyons l’incroyable. Ce qui ne doit pas nous empêcher un sursaut de curiosité. C’est vrai ça, d’où vient exactement la légende du Père Noël ?

Les plus croyants penseront à la naissance du petit jésus, les rois mages, la crèche, tout ça. Les plus païens rapprocheront la fête de Noël avec celle des Saturnales de la Rome antique, le solstice d’hiver, tout ça. Les plus ethnobotanistes – peu nombreux, certes, mais ne les éludons pas pour autant – suggèreront que la tenue rouge et blanche rappelle l’amanite tue-mouches, champignon utilisé par les chamanes de Sibérie pour leurs propriétés hallucinogènes permettant réaliser leur « vol » à travers le trou de fumée d’une yourte, comme le père Noël entrant dans les foyers par la cheminée. Sont bien barrés ceux-là ! Remarquez, c’est pas mieux que ceux qui pensent que le Père Noël serait issu de la mythologie nordique en supposant qu’il s’agit en fait de Thor ou de son père Odin. Mais bien sûr ! Et ça viens de là aussi le fait de manger une Odindefarcie, pendant que vous y êtes ! C’est bien beau mais ça ne répond pas à la question. Quand est apparu pour la première fois le Père Noël que nous connaissons aujourd’hui. Faisons fi des origines de la fête pour nous intéresser uniquement au personnage.

Et d’ailleurs, profitons en pour casser les pattes à une idée reçue très répandue. L’iconographie du Père Noêl rondouillard, barbu de blanc, rouge d’habits et de pommettes n’a pas été inventé par une publicité pour Coca-Cola en 1931. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que la puissance du marketing de la marque a grandement popularisé le personnage et l’a figé dans son image. Mais on trouvait déjà des représentation identiques dès 1866 aux Pays-Bas, même si, parfois, il était représentait habillé de vert comme dans le film d’Alain Chabat, Santa & Cie. En 1896, le père Noël apparaît vêtu de rouge et de blanc sur les couvertures du magazine Puck.

De nombreuses entreprises associèrent cette image du Père Noël à leur marque :

  • Waterman (1907)
  • Michelin (1919)
  • Colgate (1920)

Coca-Cola a simplement utilisé les représentations de l’illustrateur Haddon Sundblom. Pour dessiner son Père Noël, il eut deux inspirations : un poème intitulé A Visit From St. Nicholas datant de 1823 et lui-même.

A Visit from St. Nicholas, également connu aussi sous le titre The Night Before Christmas est le premier texte dans lequel apparaît notre Père Noël. L’histoire de ce texte est assez étonnante puisque qu’on n’en connait pas précisément l’auteur. Si vous êtes pour Clement Clarke Moore (1779-1863), tapez 1. Si vous êtes pour Henry Livingston Junior (1748-1828), tapez 2.

Il faut dire que le poème sera publié anonymement dans le quotidien Le Sentinel de Troy, petite ville de l’État de New York. Dans ce texte américain, il n’est pas question de l’appellation « Père Noël » mais de « Saint Nicolas ». Demain, sur cette même antenne, je reviendrai sur l’origine obscure du mot « Noël », encore une exception française.

Pour l’heure, mon cadeau de Noël sera de vous offrir ce poème à l’origine de notre bon gros barbu. 

Joyeux Noël à toutes et à tous, Oh Oh Oh !

C’était la nuit avant Noël, quand dans toute la maison,
Aucune créature ne s’agitait, pas même une souris,
Les chaussettes étaient suspendues avec soin à la cheminée,
Dans l’espoir que saint Nicolas bientôt serait là ;

Les enfants étaient blottis bien douillettement dans leur lit,
Des visions de friandises dansaient dans leur tête ;
Et maman sous son fichu et moi sous mon bonnet,
Tout juste installés pour un long roupillon hivernal ;

Quand dehors sur la pelouse se produisit un grand fracas,
Je jaillis hors du lit pour voir quelle était l’affaire.
Vers la fenêtre, je volais tel un éclair,
Arrachant les rideaux et jetant les embrasses.

La lune au cœur de la neige fraîchement tombée
Donnait l’éclat du jour aux objets au-dessous,
Quand, devant mes yeux émerveillés apparut
Seulement un traîneau miniature et huit minuscules rennes,

Avec un petit conducteur, vieux mais vif et plein d’entrain,
Je sus en un instant que c’était saint Nicolas.
Aussi rapides que des aigles, ses coursiers bondissaient,
Et il sifflait, et il criait, et les appelait par leur nom ;

« Bien Tornade !, bien Danseur !, bien Furie et Fringant !
Allez Comète !, allez Cupidon !, allez Tonnerre et Éclair !
En haut du porche !, en haut du mur !
Maintenant, filez au loin ! Filez au loin ! Filez au loin tous ! »

Comme les feuilles sèches volant devant l’ouragan,
Quand elles approchaient d’un obstacle, montent dans le ciel,
Au-dessus des toits des maisons, les coursiers volaient,
Emportant le traîneau rempli de jouets et saint Nicolas avec.

Et alors, dans un tintement, j’entendis sur la toiture,
Le sautillement et le trépignement de chaque petit sabot.
Comme je rentrais la tête et me tournais,
Hors de la cheminée, saint Nicolas sortait d’un bond.

Il était vêtu tout en fourrure de la tête au pied,
Et ses vêtements maculés de cendre et de suie ;
Un sac de jouets jeté sur son dos,
Et il était comme un colporteur ouvrant son sac.

Ses yeux – comme ils pétillaient ! Ses fossettes : très joviales !
Ses joues étaient comme des roses, son nez comme une cerise !
Sa drôle de petite bouche était dessinée tel un arc,
Et la barbe à son menton était aussi blanche que la neige ;

Le tuyau d’une pipe qu’il serrait entre ses dents,
Et la fumée qui entourait sa tête telle une couronne ;
Il avait une large figure et une petite bedaine ronde.
Quelles secousses quand il riait, comme un bol de gelée.

Il était potelé et rondouillard, un authentique vieil elfe jovial,
Et je riais de le voir, en dépit de moi-même,
Un clin d’œil de sa part et un hochement de sa tête,
Bientôt me firent comprendre que je n’avais rien à craindre :

Il ne dit pas un mot, mais alla droit à son affaire,
Et remplissant toutes les chaussettes, puis tourna brusquement,
Et posant son doigt sur son nez,
Et saluant de la tête, dans la cheminée il remonta ;

Il surgit sur son traîneau, sifflant son équipage,
Et au loin, ils s’envolèrent comme le duvet d’un chardon,
Mais je l’entendis s’exclamer, avant qu’il ne disparaisse hors de vue,
« Joyeux Noël à tous, et à tous, une bonne nuit »

 

Source : Wikipédia, Cosmopolitain

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