Temps de lecture : 4 min

Le Fleuve de l’éternité, le grand classique méconnu de la SF

16 Jan 2019 | Les miscellanées | 0 commentaires

Je dois cet article à mon frère, l’artiste de la famille. Il va d’ailleurs falloir que je vous le présente, un jour. Quand, hier sur Facebook, il liste ses goûts littéraire en Science-Fiction, je m’étonne de ne pas y trouver le Cycle du Fleuve de l’éternité de Philip José Farmer. Je me suit dit qu’il y avait peut-être matière à un article sur le blog. Seulement, voilà, je n’ai pas de rubrique « Littéraire », « Science-Fiction » ou « Grand classique méconnu ». Connaissant ma curiosité protéiforme, si à chaque fois qu’un sujet m’intéresse j’ajoute une rubrique – je trouve qu’il y en a déjà trop pour un blog – on n’est pas sorti de l’auberge, expression de 1920.

Alors je vais biaiser. J’adore biaiser. Je vais vous présenter l’œuvre en lui ajoutant non pas une mais trois petites listes pour que l’article trouve sa place dans les Miscellanées. Emballé, c’est pesé !

Et si tu nous racontais l’histoire ?

Allez, sortons des coulisses du blog pour attaquer le sujet. Imaginez une planète. Immense. Mais vraiment immense. Traversée par un fleuve serpentant au gré d’une nature brute entre des montagnes infranchissables. Un fleuve, lui aussi, hors normes, comme nous le verrons dans la première liste. Tout au long de l’immense ruban d’eau s’éveillent tous les humains ayant vécu sur Terre, présent, passé, futur confondus. Ça envoie du lourd, non ?

Des hommes des cavernes jusqu’aux hommes du futur (au moment où sort le premier roman en 1971), tous reviennent dans leur corps de 25 ans. Si la personne est morte avant ses 25 ans, elle revient à l’âge de sa mort et vieillira jusqu’à 25 ans. Si une personne décède, elle est ressuscitée ailleurs sur les rives du fleuve. Certains, d’ailleurs, utilisent ce processus pour voyager, bien qu’il y ait une limite au nombre de résurrections possibles.

Quelques chiffres :

20 000 000 de kilomètres, c’est la longueur du fleuve,
36 006 009 637 humains, c’est le nombre d’habitants de la planète au moment de l’éveil,
20% de ces habitants sont issus du 20ème siècle,
11 à 24 kilomètres, c’est la largeur variable de la rivière,
1,5 kilomètres, c’est la profondeur de la rivière,
2, c’est le nombre d’espèces animales de la planète, les poissons et les vers de terre.

Le cycle se compose de cinq livres :

Le Monde du fleuve
Le Bateau fabuleux
Le Noir Dessein
Le Labyrinthe magique
Les Dieux du fleuve

Attention, liste un peu spoilisante. Parmi tous les humains rencontrés tout au long de l’intrigue, nous allons découvrir des personnalités connues, comme :

Cyrano de Bergerac,
Richard Burton (l’explorateur, pas le comédien),
Sam Clemens (alias Mark Twain),
Hermann Goering,
Alice Hargreaves (alias l’Alice de Alice au pays des merveilles),
Hélène de Troie,
Jean sans Terre,
Jésus,
Mozart,
Ulysse.

Rapidement, les questions qui vont tarauder les protagonistes, c’est de savoir pourquoi tous se retrouvent dans le corps de leurs 25 ans sur une planète inconnue ? Qui a construit ce monde ? Qui les a ramenés à la vie ? Et pourquoi ? La réponse se trouvant très certainement à la source du fleuve, il est décidé de le remonter. C’est ce périple ardu qui est raconté sur les cinq livres.

Au-delà de l’histoire, ce qui impressionne le plus c’est la capacité de l’auteur à tenir sa narration sur la base d’un pitch aussi riche et aussi casse-gueule.

Mais c’est qui ce génie méconnu ?

Si vous lisez les bouquins suite à la lecture de l’article – j’en serais plus que ravi – ne loupez pas un personnage secondaire du nom de Peter Jairus Frigate. En plus d’avoir les même initiales, il présente bien des caractéristiques communes avec l’auteur, Philip José Farmer.

Farmer est un auteur de science-fiction américain très prolixe né le 26 janvier 1918 et mort le 25 février 2009.

Le critique littéraire Leslie Fiedler comparait Farmer à Ray Bradbury en les présentant comme « deux excentriques américains de la province » qui « se moquent des limites classiques de la forme ». Il trouvait toutefois que Farmer se distinguait par le fait qu’il réussissait à être à la fois naïf et sophistiqué. J’adore ce mélange.

Je ne vais pas approfondir la présentation, histoire de garder quelques billes pour un article à venir qui sera mis en ligne, comme un hommage, à la date anniversaire de l’auteur.

Et donc, le cinéma et la TV se sont emparés des romans !

C’est bien là, le drame. Si, aujourd’hui, on connait des auteurs comme Philip K. Dick ou Isaac Asimov, c’est surtout parce qu’un certain nombre de films et de séries TV ont puisé leur inspiration dans les ouvrages de ces deux grands noms de la SF. Les seules tentatives abouties concernant Le Fleuve de l’éternité sont deux daubes télévisuelles datant de 2003 et 2010. Dans la première, les gars ont zappé le protagoniste principal des romans, à savoir Richard Burton, dans l’autre il est le bad guy. Pas bien, les gars !

Nul doute qu’une série B au budget cheapouze ne sera jamais à la hauteur de l’intrigue. Seule des films à gros investissements pourraient rendre crédible l’univers créé par Farmer.

Il y a bien eu un jeu-vidéo de stratégie, plutôt fidèle au roman, intitulé du nom anglais du cycle, Riverworld, mais il date de 1998. C’est d’ailleurs un studio français qui en est à l’origine, Cryo Interactive.

 

Finalement, le seul moyen encore aujourd’hui de goûter au talent de cet auteur méconnu du grand public est de vous plonger dans ses romans. Et, finalement, ce n’est pas plus mal. Comme dirait le Commis de Comics, « Lisez, lisez, lisez ! ».

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