Temps de lecture : 9 min

10 infos étonnantes sur L’homme qui valait trois milliards

11 Août 2019 | Les séries TV | 0 commentaires

J’ai 9 ans quand je découvre pour la première fois à la télé cette série de science-fiction qui comportera cinq saisons. Elle met en scène Steve Austin, espion au service d’Oscar Goldman, dont la particularité est d’avoir des éléments de son corps robotisés suite à un accident, le bras droit, les jambes et l’œil gauche. Il est bionique. Il court vite, saute haut, possède une force surhumaine et peut voir de très loin. De quoi faire rêver le gamin que j’étais à l’époque. Je vous invite à plonger ou replonger dans L’Homme qui valait trois milliards. Je vais aussi parlé de son spin-off, Super Jamie. Et je vous promets que vous allez apprendre plein de choses. C’est parti !

1 – Cyborg de Martin Caidin

Aux origines d’une série, souvent, il y a un roman. Celui qui a inspiré la série qui nous intéresse aujourd’hui a été édité en 1972, soit un an seulement avant la mise en production de la série. En France, il sortira en librairie en même temps que la série sur nos écrans TV.

Martin Caiding raconte dans Cyborg les aventures d’un pilote-astronaute, miraculeusement rescapé d’un accident de vol, qui a perdu un œil, un bras et deux jambes. Il est transformé en cyborg par le docteur Wells travaillant dans le domaine de la bionique pour l’OSI (Government Office of Scientific Information) dirigé par Oscar Goldman. Autant dire que la série est restée très proche du matériau original. En lisant la tétralogie, puisqu’en effet trois autres romans suivront sans pour autant être dans la continuité de la franchise, on remarque toute de même quelques nuances dans l’optimisation du héros. Un des doigts de la main bionique de Steve Austin est un pistolet et une de ses côtes intègre un émetteur radio.

2 – Problème de conversion ?

La série s’appelle en France L’Homme qui valait trois milliards. Son titre original est The Six Million Dollar Man. Hors jamais, même dans les années 70, 6 millions de dollars ont valu 3 milliards de francs. Oui, à l’époque, jeunes têtes blondes, on payait en francs. Dingue, non ? Une conversion grossière aurait donné quelque chose comme 30 millions de francs. L’Homme qui valait 30 millions, ça le faisait aussi. Seulement voilà, en 1975, on parle aussi en anciens francs. C’est que depuis la deuxième guerre mondiale, le franc dévalue régulièrement. Et ce n’est pas bon pour une monnaie d’être faible vis-à-vis du dollar notamment. Antoine Pinay qui connaîtra autant de jeu de mot graveleux sur son nom que le côté « bio-nique » de Steve Austin instaure en 1963 le nouveau franc qui équivaut à 100 anciens francs. Et pendant très longtemps, les deux « monnaies » vont cohabiter. Quand j’étais jeune, pour minimiser une somme, on l’exprimait en nouveaux francs mais quand on voulait lui donner de l’ampleur, du poids, on en parlait en anciens francs. Conversion faite, trente millions de nouveaux francs valaient trois milliards d’anciens francs. Et comme le titre était déjà très long, la série s’appela L’Homme qui valait trois milliards. Pour info, au Québec, elle fut traduite par le logique et pourtant moins vendeur L’Homme de six millions.

3 – Bionique ou bio-ionique ?

Dans mon souvenir – ah les mystères insondables de la mémoire – on parlais d’homme bionique. Logique. Le mot existe. C’est ce qui concerne la biologie et l’électronique, et surtout l’intégration de cette dernière dans la première. Le mot a fait son entrée dans le dictionnaire français quelques années plus tôt, en 1968. Mais avant d’aller plus loin, je vous invite à regarder le générique français.

La voix off dit bien « bio-ionique » et non « bionique », ce qui dans le contexte ne veut rien dire. Quand on utilise l’adjectif ionique, on peut faire référence à l’Ionie, une région de la Grèce antique, on peut parlait d’architecture et de colonne ionique caractérisée par son chapiteau à volutes, on peut faire référence aux ions, ces atomes électriquement chargés mais en aucune façon d’un mélange de corps/macine. Pourtant cette « erreur » existe pour une bonne raison, et elle est labiale. Bionic, version anglaise, se prononce en trois syllabes ba-yo-nik alors qu’en français il n’en faut que deux. Le voice-over fut plus fort que la logique et il fut décidé de coller au plus proche des mouvements des lèvres des acteurs américains quand le mot était prononcé.

4- Le crash du générique

Puisque vous avez vu le générique, on peut en parler. Le crash d’avion qu’on y voit est un véritable accident d’un prototype Northrop M2-F2 qui a eu lieu le 10 mai 1967 sur la Edwards Air Force Base, en Californie. Il est terrifiant. Je ne sais pas vous mais moi, je me suis toujours dit qu’un accident pareil ne permettait pas le moindre espoir quant à la survie de celui ou ceux qui se trouvaient à bord. On est dans la fiction la plus pure, bionique tout ça, on n’est plus à une approximation près mais quand même; Et j’avais tort. Parce que le pilote, le vrai, Bruce Peterson a bien survécu au crash même s’il y a perdu l’œil droit, comme Steve Austin. Mais, attention, pas dans l’accident. Après son hospitalisation, il guérit de ses blessures mais c’est à la suite d’une infection contractée à l’hôpital, qu’il perd la vision de son œil.

Un accident comme celui-là est traumatisant. Même si le pilote repris ses vols quelques temps après, il se plaignit à juste titre de voir régulièrement son accident à la télévision, un extrait qui plus est pour lequel il ne toucha jamais de royalties.

5 – Lee Major, passion football

Parlons un peu de l’acteur principal qui a fêté cette année ses 80 ans. Ce solide gaillard né en 1939 avait tous les atouts physiques pour réussir une grande carrière dans le football américain. Malheureusement, à l’issue de son premier match, il subit une grave blessure au dos le laissant paralysé pendant deux semaines, mettant ainsi fin prématurément à sa carrière sportive universitaire. Il se tourne alors vers le théâtre. Quand il est question de se lancer sérieusement dans une carrière d’acteur il troque son vrai nom, Harvey Lee Yeary, contre Lee major en hommage à son héros d’enfance Johnny Majors, joueur et futur entraîneur de l’Université du Tennessee. Le football américain, toujours. Mais c’est la TV qui portera sa carrière. Il débute dans Gunsmoke (Police des plaines) avant de décrocher un rôle récurrent dans une autre série western, La Grande Vallée, dans laquelle il jouera de 1965 à 1969. Dans les années 70, il obtient le rôle de sa vie, celui de Steve Austin, qui l’intronisera au rang d’icône pop. Lee major fait ses débuts de réalisateur en 1975, dans un épisode qui met en scène, comme par hasard, de vrais joueurs de football professionnels. Passion, quand tu nous tiens ! Après l’arrêt de L’Homme qui valait trois milliards, il revient sur le devant du petit écran avec une nouvelle série à succès dans laquelle il joue pour 5 saisons le rôle du cascadeur Colt Seavers, L’homme qui tombe à pic. Plus tard, il retrouvera un ultime rôle récurrent, celui de l’entraîneur Ross dans The Game entre 2006 et 2009, une série américaine consacrée, je vous le donne en mille, au football américain.

Mais c’est dans la vraie vie qu’il exaucera un de ses vœux les plus chers en devenant, en 1983, copropriétaires du LA Express de la United States Football League.

6 – Super Jaimie

Y a du spin-off dans l’air. Super Jaimie ou The Bionic Woman en version originale est une série dérivée de L’Homme qui valait trois milliards qu’on découvrira en France en 1976, finalement assez vite par rapport à la série originelle. Jaimie Sommers est l’ancienne petite amie de Steve Austin, ancienne championne de tennis devenue institutrice. Suite à un accident de parachute, elle se voit opérer bioniquement. Nouveau bras, nouvelles jambes et, à la différence de Steve Austin, nouvelle oreille lui permettant de suivre des conversations de loin ou derrière un mur. Grâce à ses nouveaux atouts, elle devient, elle aussi, agent secret aux services d’Oscar Goldman. La série qui comportera trois saisons verra un bon nombre de crossovers associant les deux héros bioniques, et Jaimie rendra bien évidemment la politesse avec quelques apparitions dans la série aux trois milliards.

Pourtant Jaimie revient de loin. À l’origine, elle ne devait apparaître que dans deux épisodes de L’Homme qui valait trois milliards puis mourir, trois petits tours et puis s’en vont. Courrier des lecteurs, série qui bat de l’aile tout ça, font revoir leur copie aux scénaristes qui décident de la ressusciter. « On aurait dit qu’elle était pas morte » comme diraient des gamins dans la cour de récré pour que leur copine continue à jouer à la guerre avec eux. On aurait dit qu’elle était amnésique et qu’elle aurait oublié son histoire d’amour avec Steve parce que l’amour c’est nul, beurk, c’est que pour les fillettes. Et voilà le personnage repartit sur de nouveaux rails pour le plaisir de continuer à engranger des brouzoufs.

7 – Une remarque sexiste

Le corps de Jaime est reconstruit avec des parties similaires à celles de Steve. De cette info, on peut estimer que le coût de l’opération est similaire à la précédente. Cependant, le titre du spin-off ne dévoile aucune info budgétaire. On obtiendra une estimation au détour d’un dialogue annonçant qu’elle coûtait moins de 6 millions de dollars parce que les pièces de rechange étaient « plus petites ». Oh les vilains machos ! Z’ont pas pu s’en empêcher. Heureusement, tels des Zorro féministes, les allemands ont décidé de contrer l’outrage en traduisant le nom de la série par Die Sieben Millionen Dollar Frau, soit La Femme qui valait sept millions. Je vous laisse faire la transcription en anciens francs.

8 – Et c’est là que ça part en couilles !

Bon, vous allez me dire que c’est la troisième anecdote concernant le spin-off mais, là, faut vraiment qu’on en parle. Le premier être à avoir profité de nouveaux membres bioniques n’est ni Steve Austin ni, on l’aura compris, Jaimie Sommers mais… un chien. À l’instar de la chienne Laïka qui fut le premier être vivant à être en orbite autour de la Terre, Max, on l’apprend dans la saison 3 de Super Jaimie, est le premier être bionique. Pas étonnant que cette saison soit la dernière. C’est complètement con comme idée scénaristique. Non parce que même si on peut à la limite concevoir un essai animal avant de tester la technologie sur l’homme, c’est quand même dangereux, cette affaire. D’autant que l’opération a coûté un million de dollars. En plus, l’animal est opéré à l’âge de quatre mois. Pour un chiot Berger Allemand, la croissance est très forte entre 4 et 7 mois. Ça veut dire que ses implants, pattes et gueule en l’occurrence, ne peuvent pas suivre en taille son évolution jusqu’à l’âge adulte. Et puis, vous imaginez, vous, avoir à faire à un chien qui pour s’amuser viendra vous mordiller les mollets avec sa mâchoire bionique ? Rien que d’y penser, j’ai des frissons. Et dire que Maximillion – oui, c’est son vrai nom en rapport avec le coût de ses ajouts – a failli avoir lui aussi sa propre série…

9 – Qui dit mieux ?

On a donc un chien à un million de dollars. Une femme qui coûte, on va dire, cinq millions si on oublie le titre allemand. Un homme à six millions de dollars. Qui dit mieux ? La réponse est Barney Miller, deuxième cyborg masculin de la série. Dans le cinquième épisode de la saison 2, Steve Austin apprend l’existence d’un pilote automobile qui, suite à un grave accident, se voit offrir deux jambes et deux bras bioniques. Rien à l’œil puisque l’opération vaut sept millions de dollars. On vous fait le bras à un million de dollars ! Profitez-en, il n’y en aura pas pour tout le monde. Pas de bras bionique, pas de chocolat pour Monique !

Il faut savoir que Monte Markham, l’acteur qui joue le rôle de Barney Miller qu’on retrouvera à deux reprises dans la série, était le premier choix de Martin Caidin qui le souhaitait pour interprétait le rôle qui sera finalement tenu par Lee Major.

10 – Le retour

Après la fin des deux séries, comme souvent, des tentatives de retour sous forme de pilotes devenus téléfilms ont été tentés. En 1987 sort Mission bionique (The Return of the Six-Million-Dollar Man and the Bionic Woman), deux ans plus tard L’Espion bionique (Bionic Showdown: The Six Million Dollar Man and the Bionic Woman) dans lequel on retrouve Sandra Bullock dans le rôle d’une nouvelle femme bionique et, enfin, en 1994 Mariage bionique (Bionic Ever After) qui clôture la grande aventure bionique. Et lors de la nuit de noces, ils bioniquent enfin. Voilà, ça y est, j’ai réussi à la placer celle-là.

Côté cinéma, un projet de reboot est depuis très longtemps dans les cartons. Déjà en 1995, Universal Pictures développait un scénario avec Kevin Smith. Après de nombreuses péripéties et passation de droits répétées, aux dernière nouvelles, c’est Warner Bros qui serait sur les rangs. Mark Wahlberg fut un temps pressenti pour jouer rôle titre. Je ne sais pas ce qu’il en est pour lui aujourd’hui. On parle actuellement d’un possible début de mise en production pour 2020 avec une sortie prévue en 2021. Wait and see.

Et une poignée de fun facts (enfin pas toujours fun) supplémentaires

  • L’image de la salle d’opération du générique est un stock-shot, c’est-à-dire une séquence vidéo pompée ailleurs, provenant d’un épisode de la saison 2 de Columbo, Le Spécialiste.
  • En Israël, la série fut rebaptisée The Man Worth Millions soit L’Homme vaut des millions pour éviter de rappeler aux téléspectateurs le chiffre des « six millions » de victimes juives de l’Holocauste, l’estimation la plus souvent citée.
  • L’épisode Les Naufragés de la saison 1 de Super Jaimie est la copie conforme de l’épisode Seuls les plus forts survivent de L’Homme qui valait trois milliards.
  • À titre perso, ce qui m’a toujours fait rire, c’est cette séquence récurrente dans laquelle Steve Austin court très vite grâce à ses jambes bioniques, avec la musique et le bruitage, dans laquelle pour faire comprendre qu’il bat des records de vitesse la course est au ralenti.
  • Un des épisodes (en deux parties) qui m’a le plus marqué – sans doute un des plus barges – met en scène des extra-terrestres et un bigfoot joué par un français, André le géant. Il s’intitulait L’Empreinte du diable.

 

Sources : Wikipédia, www.eighties.fr, forums.futura-sciences.com, interstices.info, www.allocine.fr

Abonnez-vous à l’impossible newsletter

Notifications sans adresse mail

Vous pouvez aussi vous abonner sans adresse mail en cliquant sur la cloche en bas à droite de l’écran.

Pour toujours recevoir votre petite dose de BID hebdomadaire, abonnez-vous à la bidletter !