Temps de lecture : 9 min

Ces séries TV de mon jeune temps que j'avais (presque) oubliées

15 Sep 2019 | Les séries TV | 0 commentaires

C'est l'histoire d'une recherche. C'est l'histoire d'une série que j'ai mis presque une semaine à retrouver après moult mots-clés tentés sur Google. C'est l'histoire d'une mémoire qui n'aime pas le vide, comblant les trous d'infos approximatives, parfois erronées. C'est l'histoire d'autres séries qui me sont revenues sans que je m'y attende comme autant de cailloux sur le chemin de mon enfance perdue. Je vous dévoilerai en dernier l'objet de mon enquête numérique mais, auparavant, je vais partager avec vous quelques uns de ce qu'on appelait à l'époque des feuilletons jeunesse. Je les ai tous découverts dans les années 70. À ma connaissance, ils n'ont pas ou très peu été rediffusés depuis ce qui explique pour beaucoup la difficulté que j'ai eu à les retrouver. Si l'une des ces séries vous parle, n'hésitez pas à partager vos souvenirs en commentaires. Je suis vraiment demandeur de ça. Et si l'article vous plait, je me mettrai à la recherche de mon enfance télévisuelle perdue une nouvelle fois. Attachez vos ceintures, le voyage dans le temps commence !

Fifi Brindacier (1970)

Dans les années 70, la télévision était ouverte au monde et l’hégémonie américaine n'avait pas encore balayé les productions TV des autres pays. Fifi Brindacier, avant d'être le personnage principal d'une série animée sorti dans les années 90, est une héroïne de romans jeunesse créée en 1945 par la suédoise Astrid Lindgren.

Fifi Brindacier est une étrange petite fille de 9 ans à l'imagination fertile, à la bonne humeur communicative, aux couettes rousses et au visage empli de taches de rousseur. Sa particularité est qu'elle possède une force hors du commun qu'on se demande qui gagnerait le bras de fer si elle faisait face à Hulk. Ce qui fascinait le jeune public de l'époque, moi compris, c'est qu'elle jouissait d'une complète autonomie vivant seule, sans parents, dans une grande maison avec son singe, Monsieur Dupont, et de son cheval, Oncle Alfred. De sa famille, on ne sait pas grand chose, juste qu'elle est la fille d'un pirate des mers du Sud.

En Suède, Fifi Brindacier, est aujourd'hui considérée comme une icône féministe. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire cet excellent article du Nouvel Obs.

Si vous vous demandez pourquoi elle s'appelle Fifi, j'ai deux réponses. La première, c'est qu'en version originale, son prénom est Pippi. Oui, on est d'accord, hein ! Il ne manquerait plus qu'elle soit gourmande au point de ne manger que des gâteaux qu'en suédois on traduit par... kaka. Je vous jure que je n'invente rien. Et puis vous me direz que Fifi, ce n'est pas un prénom. Et vous auriez tout à fait raison, c'est un diminutif. En vrai, et dans la longueur, elle s'appelle Fifilolotte Victuaille Cataplasme Tampon Fille d'Efraïm. C'est un peu long, jeune fille !

Intéressons-nous à la série TV qui est apparue sur les petits écrans suédois en 1969 et quelques années plus tard en France. D'abord héroïne d'un téléfilm, le personnage connaîtra ensuite 13 épisodes suivis de 2 téléfilms. Astrid Lindgren, l'auteur créatrice de Fifi Brindacier, participera à l'écriture des scénarios. Pour avoir regardé le premier épisode que je vous invite à visionner, je dois bien avouer que le rythme est lent, très très lent. C'est là qu'on se rend compte que le temps de l'époque n'est plus celui d'aujourd'hui.

Les Aventures imaginaires de Huckleberry Finn (1971)

Cette série sera la seule de la liste en provenance des États-Unis. Elle est signée Hanna et Barbera, un duo de producteurs essentiellement spécialisés dans les cartoons dont je vous parlais déjà dans l'article sur La bataille des planètes. Ce qui m'a le plus marqué dans Les Aventures imaginaires de Huckleberry Finn c'est ce mélange entre images réelles et animation. L'action commence dans la vraie vie. On suit Huckleberry Finn, Tom Sawyer et Becky Thatcher qui viennent de témoigner contre Joe l'indien qui me terrifiait tout môme. Ils se retrouvent dans un cimetière face à leur ennemi. Ils fuient pour se réfugier dans une grotte qui les mènera à l'instar d'Alice dans un pays étrange, entièrement conçu de dessins animés. Seuls les trois amis et leur antagoniste sont réels, jouait par de vrais acteurs. Diffusées en 1968 aux États-Unis, en 1971 chez nous, la série comporte 20 épisodes.

Malgré le titre emprunté au deuxième roman de Mark Twain consacré à nos héros, le scénario de la série est plutôt inspirée du premier, Les Aventures de Tom Sawyer puisque Becky Thatcher et Joe L'Indien sont absents de la suite.

Si vous le voulez bien, j'aimerais revenir deux secondes sur le terrifiant Joe l'indien. J'aimerais m'attarder sur l'acteur qui l'interprétait histoire de me guérir de l'angoisse qui m’étreint à son évocation. Étrangement, ça sera  l'occasion de revenir sur quelques uns des articles du blog. Joe l'indien était interprété par Ted Cassidy qui, sans que je le sache, a jalonné ma vie de jeune téléspectateur.

C'est lui qui joue le rôle de Lurch, le valet version monstre de Frankenstein dans La Famille Adams, la série TV de 1964. Selon IMDb, le personnage devait être totalement muet, comme le personnage de bande dessinée dont il est issu. Cependant, Ted Cassidy improvise la phrase "Vous avez sonné ?" lors de son audition, ce qui plait à la production qui décide de l'incorporer au scénario.

Dans l'épisode Le retour du scalpeur de L'Homme qui valait trois milliards, Cassidy reprend le rôle du Bigfoot, joué dans la saison précédente par le français André le Géant. Il fournira même les effets vocaux du Bigfoot.

L'acteur, vous l'aurez compris, savait jouer de son organe. Et je ne parle évidemment pas de sa vie privée. D'ailleurs il donnera sa voix à La Chose pour la série animée Les Quatre Fantastiques de 1978. Et enfin restons chez Marvel, puisque c'est à lui qu'on doit la voix off dans la série L’Incroyable Hulk de 1978 pour laquelle il a également enregistré les grognements et rugissements du monstre vert pour les deux premières saisons.

Ayé ! J'ai plus peur de Joe l'indien ! Pour fêter ça, je vous offre deux vidéos, malheureusement je n'ai réussi à trouver de VF. La première est l'introduction des épisodes expliquant le passage des vues réelles à l'animation. La deuxième est une version remastérisée de l'épisode 8 intitulée en français Le Château du Mal.

La Pierre blanche (1973)

Comme je ne trouvais pas la fameuse série dont je vais bientôt vous parler, j'ai décidé de mettre à profit la mémoire de ma femme moins volatile que la mienne. Dans la conversation, comme envoyée par la fronde de Thierry - seuls les vieux comprendront - a surgi La Pierre blanche. J'avais un souvenir assez confus de la série. La seule image qui me venait c'est celle d'une main ouverte dans laquelle trône une pierre lisse, ronde et, donc, blanche. Voici l'occasion de revenir en Suède où la série sera diffusée pour la première fois en 1973  Le programme est à ce point populaire dans son pays d'origine qu'il est régulièrement rediffusé. C'est en 1977 que les 13 épisodes trouveront leur place sur TF1 dans Les Visiteurs du mercredi, une émission à laquelle j'aimerais prochainement consacré un article.

La Pierre blanche, c'est l'enjeu de deux enfants d'une dizaine d'années, Jean-Paul et Florence. Que voilà des prénoms bien suédois. Je me demanderai toujours pourquoi les traducteurs se sentent l'obligation de franciser le nom des héros. J'avais d'ailleurs abordé le sujet avec Mickey. Dans la version originale, ils se prénomment Fia et Hampus.

Un jour, Jean-Paul dérobe à Florence sa pierre blanche, le début de défis pour gagner, chacun leur tour, la pierre devenue trophée. Dessiner des yeux à l'horloge du clocher, rester muet pendant une journée ou encore voler l'éléphant du cirque, voilà quelques exemples de ce que devront faire nos petits héros pour gagner de nouveau la pierre blanche. Une sorte de cap/pas cap avant l'heure.

Comme pour les séries précédentes, le scénario trouve son origine dans la littérature, cette fois dans un ouvrage de Gunnel Linde, un roman ayant obtenu le prix Nils Holgersson en 1964. pour info, ce prix créé en 1950 en Suède récompense les meilleures œuvres littéraires destinées à la jeunesse.

Un petit coup de générique avant de passer au suivant !

Agence Labricole (1979)

Enfin une série française. Mieux, une série tournée dans la région de mon enfance, celle que depuis on appelle Les Hauts-de-France, plus précisément à Cassel, entre Lille et Dunkerque. On y retrouve Agénor Labricole qui se lance dans la carrière de détective privé. Il est aidé de son adjoint bas de plafond, Barnabé Mol, et surtout, c'est lui le cerveau de l'agence, de son jeune fils Pierrot. Si on était plus chauvin qu'Ingrid, on oserait prétendre que l'Agence Labricole a inspiré les américains pour Mc Guyver, voire même pour l'Agence Tous risques mais je sens que je pousse le bouchon un peu loin. Que ceux qui pensent à Maurice lèvent le doigt ! Ouo parce que la particularité de la série, c'est que Pierrot fabrique des gadgets permettant de résoudre les enquêtes avec des objets de tous les jours. D'ailleurs, à la fin de chaque épisode, quelques dessins expliquent comment le jeune public pouvait lui aussi réaliser chez lui les mêmes "inventions" de la série.

L'antagoniste de la série, référence à Arsène Lupin, se nomme Ambroise Lapin. Et en parlant de lapin, le narrateur est Guy Pierauld, la voix française de Bugs Bunny. Quant aux scénarios, ils sont signés par Greg, le papa d'Achille Talon. Et puis il y a le commissaire Fiasco joué par Maurice Aufair qui vous dira assurément quelque chose si vous visionnez l'extrait qui suit.

Mais oui, c'est lui qui joue l'un des deux montagnards à la gnôle étrange des Bronzés font du ski. Petite info bonus, c'est lui qui prête sa voix à l'Ours Paddington. Du beau monde, je vous dis !

Il existe une chaîne Youtube entièrement consacrée à la série mais étrangement une grande partie des vidéos sont uniquement des bandes-son des épisodes. On y retrouve tout de même quelques extraits avec des images qui bougent comme celui-ci.

Les travaux d'Hercule Jonsson (1975)

Nous arrivons enfin à la série responsable de cet article, l'objet de ma recherche acharnée que j'ai failli abandonné plusieurs fois. Il y a surtout un épisode m'a marqué à vie. J'en avais pourtant un souvenir très confus. Pourtant, chaque été, a fortiori quand la canicule s'en mêle, me revient cette histoire d'un petit garçon qui ne cesse de souffler sur son oreiller trop chaud l’empêchant de dormir et qui invente un système de tuyaux reliant son réfrigérateur à son oreiller pour enfin dormir du sommeil du juste la tête fraiche.

J'ai tenté les mots-clés "oreiller réfrigéré", "série jeunesse des années 70", "petit garçon se transformant en adulte" parce qu'il me semblait que c'était le pitch de la série, séparément ou en mélangeant le tout, rien n'y fit. Aucun résultat ne me remontait ma madeleine des frigos. J'y ai passé beaucoup de temps. Et c'est là où je me dis que le cerveau est une machine incroyable. Cinq jours plus tard, après avoir abandonné l'idée de sortir du chapeau magique de Google le nom de la série, me vient l'illumination. Je suis au volant de ma voiture et l'illumination me vient sous la forme d'un prénom, Hercule. Mon ordinateur à neurones, lui, n'avait pas abandonné la partie. En tâche de fond, il avait continué à relier les bons synapses pour sortir cette information vielle de plus de quarante ans. Étonnant, non ?

C'est au fin fond d'un forum que j'ai trouvé le vrai titre mais c'est sur un site russe puis suédois que j'ai enfin mis fin à ma quête. Les travaux d'Hercules Jonsson est une série suédoise, encore une - même si je pensais qu'elle était polonaise - diffusée sur FR3 en décembre 1975. Dans son pays d'origine, elle était proposée à raison d'un épisode par jour pour se terminer juste avant noël comme une sorte de calendrier de l'avent télévisuel en 25 cases. C'était à l'hiver 1969  Les travaux d'Hercule, ceux de l'antiquité, étaient au nombre de 12 alors que la série compte 25 épisodes. Quel est donc cette carabistouille ? Rien de compliqué, chaque histoire se déroule en deux épisodes sauf le dernier en trois.

Côté histoire, l'action se déroule dans la banlieue de Stockholm où réside une famille composée du jeune héros de 7 ans, Herman Jonsson  vivant avec ses parents, son père Olle, mécanicien automobile, et sa mère Ann-Sofi, employée de bureau. Il est question d'un stylo magique et d'une formule prononcée par la maman qui, ensemble, ont le pouvoir de transformer le jeune Herman en l'adulte Hercules Jonsson et, dans le même temps, de faire retomber en enfance le papa qui se retrouve dans la peau de Bara Jonsson âgé de 7 ans. Dans mon souvenir, ils échangeaient leur place mais peut-être est-ce la traduction du suédois en français qui m'a induit en erreur. Si vous avez un souvenir plus précis de la série, n'hésitez pas le partager en commentaires.

Comme je n'ai trouvé que des extraits en suédois sans grand intérêt piur nous, pauvres francophones, pour se plonger ou se replonger dans la série, je vous convie à visionner le générique.

Voilà, je me suis arrêté à ces 5 évocations de ma jeunesse télévisuelle parce que l'article est déjà assez long comme ça. Mais si vous souhaitez que je continue sur ma lancée, ben, vous me dites. 😉

Sources : wikipédia, www.nouvelobs.com, lescopainsd-abord.over-blog.com, planete-jeunesse.com, blizzardkid.net

Abonnez-vous à l’impossible newsletter

Notifications sans adresse mail

Vous pouvez aussi vous abonner sans adresse mail en cliquant sur la cloche en bas à droite de l’écran.

Pour toujours recevoir votre petite dose de BID hebdomadaire, abonnez-vous à la bidletter !