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J’ai testé la cuisine du Gabon

20 Nov 2018 | J'ai testé pour vous, Les gourmandises | 0 commentaires

Hier midi, j’étais invité par INTERBEV, association nationale Interprofessionnelle du bétail et des viandes, et le site www.produitstripiers.com dans le cadre de leur campagne « Very Goût de Tripes ». Vous goûterez le joli jeu de mot qui peut toutefois donner le frisson quand on connaît la trilogie cinématographique et ce qui arrivent aux protagonistes des films.

VERY GOÛT DE TRIPES

« Very Goût de Tripes », c’est un tour de France en bus et en cinq étapes – dont Montpellier, donc – pour permettre la découverte de la diversité des produits tripiers, ce qu’on appelle le cinquième quartier en référence à la découpe des bêtes en quatre parties (deux avants et deux arrières) et à ce qui reste ensuite.

Le bus à impériale était garé au pied du Polygone, côté Place du Nombre d’or, avec la cuisine au « rez de chaussée » et le restaurant au premier étage. Pendant que la foule s’amassait devant ce Food bus pour profiter de portions gratuites, certains privilégiés s’installaient en hauteur pour profiter d’un menu étonnant concocté par la Chef Anto Cocagne. Étonnant parce, comme le précise le titre, nous étions conviés à déguster des « tripes à la mode du Gabon ». Pour ma part, je suis très peu connaisseur des cuisines africaines et cette expérience me faisait très envie.

LA CHEF ANTO COCAGNE

Un petit tour sur le site de la Chef Anto m’apprend que notre cuisinière du jour est spécialisée dans la cuisine africaine minimaliste influencée par une « french touch culinaire» et qu’en mars dernier elle a remporté le prix Eugénie Brazier du trophée «La Cuillère d’Or». Ça sent la régalade.

LE MENU

ENTRÉE
Terrine de langue d’agneau

PLAT SIGNATURE DE LA CHEF
Ris d’agneau en croûte de cacahuètes, fufu de Gari et légumes confits

DESSERT
Corbeille de fruits de saison

LE VERDICT

Une terrine en gelée recouverte d’un chutney d’ananas légèrement épicé. La fraîcheur de la terrine se mariait admirablement avec le sucré du chutney. N’étant pourtant pas un grand amateur de sucré-salé, j’ai trouvé les accords agréables et subtilement dosés.

Pour le plat de résistance, je dois l’avouer, j’avais quelque appréhension. Autant je suis un adepte des produits tripiers (langue, tripes, andouillettes, etc.) autant le ris, ben, pouah, quoi ! Mais, je suis un bonhomme. On est là pour tester. On teste ! Ma foi, la surprise fut douce. Si on excepte une texture que j’ai du mal à expliquer, pas hyper plaisante en bouche – elle variait selon les bouchées, sans doute le niveau de cuisson y était pour quelque chose – l’ensemble était très fin. La croûte de cacahuètes, j’ai envie maintenant de la tester avec d’autres viandes. Je goûtais pour la première fois du manioc, ingrédient principal du fufu de Gari. Son côté consistant, tenant bien au corps contrastait avec le fondant du potiron et le croquant du gombo. Au final, un jeu de textures intéressants, peut-être même plus que le jeu des saveurs au final. Le dessert fut vite expédié, des clémentines. Le café et pas l’addition, l’avantage d’être invité.

C’est toujours une expérience riche et Ô combien intéressante que de découvrir une cuisine nouvelle, de nouveaux goûts, de nouvelles associations auxquelles on n’avait jamais pensés et qui nous semblent évidentes une fois en bouche. Elle est même à double déclenchement, cette expérience. Il y a le plaisir immédiat, évident, et puis, quelques jours, quelques semaines plus tard, certains goûts se rappellent à nos souvenirs et nous manquent. Chose étrange, il m’est parfois arrivé de ne pas apprécier un plat et d’en appeler son petit frère plusieurs mois après. Ça vous est déjà arrivé à vous aussi ?

DIGRESSIONS CULTURELLES, RIGOLOTES ET PRATIQUES

Comme nous sommes sur le blog d’un dictionnaire – rigolo, certes, mais ça n’empêche pas de se cultiver un brin – j’ai comblé mes lacunes en cherchant quelques infos sur la toile – Wikipédia est mon ami –  sur le ris de veau. C’est le nom qu’on donne au thymus du veau lorsqu’il est utilisé en cuisine. C’est une glande – ben oui, on peut aussi manger des glandes les copains, étonnant, non ? – située à l’entrée de la poitrine, devant la trachée, et qui disparaît à l’âge adulte, ce qui explique qu’il n’existe pas de ris de boeuf. In fine, l’aliment est plutôt rare et cher. Comme quoi, on ne consomme pas les abats que parce qu’ils n’explosent pas le panier de la ménagère.

Pour m’amuser, j’ai tenté la recherche d’un ris au riz sur Google. Pas trouvé ! Ça serait drôle de concevoir des recettes par rapport au nom des ingrédients. La Paella serait du riz olé. Le ris d’eau terminerait un repas. Quant à l’os car, ça serait le meilleur os à moelle jamais mangé dans le bus qui nous accueillait hier.

Tiens, rien à voir mais quand même un peu. Je suis tombé sur ce proverbe que je ne connaissais pas : « Ris du riz, tu pleureras pour des lentilles. » Cela signifie qu’il faut savoir se contenter de ce qu’on a, au risque d’être déçu si l’on a moins. Belle philosophie.

Enfin, pour terminer sur une note plus pratique, je vous ai trouvé sur Youtube une vidéo pour bien préparer vos ris de veau.

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