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Le tourisme spatial, une réalité

15 Déc 2018 | Les miscellanées | 0 commentaires

Qui n’a pas rêvé de s’envoyer en l’air. Enfin, je veux dire au-delà du 7ème ciel, dans l’espace. Cette envie est tellement forte que les parcs d’attractions s’en sont emparés comme vous avez pu le lire dans les articles Brèves de parconautes N°1 et N°2. Si j’aborde le sujet aujourd’hui, c’est que la société Virgin Galactic a envoyé pour la première fois, jeudi, et avec succès un vaisseau au-delà de la frontière de l’espace telle que définie par l’armée américaine, devenant le premier vol habité dans l’espace parti du sol américain depuis 2011.

Mais saviez-vous que ça fait près de 20 ans qu’on envoie des « civils » dans l’espace ?

C’est loin mais c’est beau !

On ne va pas se mentir, y aura assurément plus d’action dans le Space Mountain d’un parc Disney que dans les vols orbitaux et suborbitaux (on reviendra plus tard sur le distingo entre les deux). Enfin, si ça se passe bien, hein ! 😉

On reste dans un rêve assouvi, certes, mais carrément contemplatif, peut-être même limite chiant si ça se trouve. Bon, si on excepte, bien sûr, l’expérience de l’apesanteur qui doit être un vrai kiff.

Mais si vous le voulez bien, attaquons les bases pour savoir de quoi qu’on cause. On considère qu’un séjour est spatial quand on dépasse la ligne de Karman, c’est à dire qu’on se situe à plus de 100 km de la Terre. Parvenu à cette altitude, soit on vole horizontalement par rapport à la surface de la planète à une vitesse de plus de 7,7 km/s, le vol orbital, soit on pratique la cloche en arrivant de la surface à l’altitude requise avec une vitesse inférieure et celle utilisée pour se retrouver en orbite et on retombe vers la Terre, permettant ainsi aux passagers de se retrouver pendant quelques minutes en état d’apesanteur, le vol suborbital. D’ailleurs, soyons précis, dans ce cas particulier, on ne parle pas d’apesanteur mais d’impesanteur

Les débuts du tourisme spatial

Bien que l’option deviendra plus « accessible » – tout est relatif – pour les vols qui seront organisés par Virgin Galactic dès le premier semestre de 2019, le vol du premier touriste spatial correspondait à un beau loto. Et c’était au début du siècle.

Dennis Tito, un homme d’affaires californien, rêvait depuis son adolescence, de tutoyer les étoiles. Le 28 avril 2001, il devint le premier touriste de l’espace à bord de la mission Soyouz TM-32. Son rêve lui a coûté la bagatelle de 20 millions de dollars. Ça pique, hein ! Le vol a duré 7 jours, 22 heures et 4 minutes. Je vous laisse faire le calcul à l’heure.

À cette époque, l’agence spatiale russe connaissait des problèmes budgétaires. Pour sortir du rouge, il fut décidé d’offrir à des civils fortunés le plaisir du vol spatial. Deux offres furent proposées par les russes : le séjour en orbite dans la station spatiale internationale (nécessitant un lourd entraînement) et le vol suborbital.

L’expression « tourisme spatial » se popularisa plus tard avec la réussite du vol suborbital de SpaceShipOne en 2004. Mais revenons quelques années en arrière. La Fondation X Prize fut créée en 1996. Basée à Saint Louis, dans le Missouri, son but était d’encourager l’industrie spatiale dans le secteur privé. Elle lança pour ce faire un concours avec, à la clé, un prix de 10 millions de dollars. Pour le gagner, il fallait être le premier à lancer dans l’espace un véhicule spatial habité.

Pour être plus précis, le cahier des charges était le suivant :

  • Le véhicule devra être financé de manière privée sans aucune aide financière gouvernementale.
  • Le véhicule devra réaliser 2 vols espacés de 2 semaines maximum à une altitude minimale de 100 km, avec à leur bord au moins une personne.
  • L’équipage devra revenir en bonne condition physique. Idem pour véhicule qui devra être réutilisable.

Bon, j’ai spoilé le vaisseau gagnant mais pas ceux qui l’ont conçu. C’est Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, avec l’aide de Burt Rutan, patron de la société Scaled Composites, qui remporta le prix tant convoité. Le 20 mai 2003 eut lieu le premier vol en automatique de SpaceShipOne. Mais c’est le 4 octobre 2004 que le vaisseau gagna le Ansari X Prize en atteignant pour la seconde fois, cinq jours après le premier vol, une altitude record de 111 996 m. Et hop, 10 millions dans la popoche !

Si vous passez par Washington, ne manquez pas de faire un petit tour au National Air and Space Museum où vous pourrez voir le fameux vaisseau SpaceShipOne qui y est exposé.

Une nouvelle aventure commence en 2019

Vous connaissez sans doute Richard Branson, le milliardaire aventurier propriétaire de la marque Virgin. Par l’odeur des étoiles et des dollars alléché, il entra dans la danse, s’associant avec Scaled Composites pour concevoir des engins reprenant la technologie de SpaceShipOne. Judicieusement nommé SpaceShipTwo, le vaisseau a une capacité de 2 pilotes et 6 passagers. Virgin Galactic proposa au grand public, dès 2005, la réservation de vols.

Mais le tourisme spatial n’est pas un long fleuve tranquille. Le 31 octobre 2014, le SpaceShipTwo se crasha dans le désert des Mojaves, faisant un mort et un blessé grave. Cependant, Virgin Galactic inaugura en 2016 un nouveau SpaceShipTwo, le VSS Unity, celui-là même qui sera utilisé l’année prochaine pour honorer les commandes en cours.

La société annonce un prix initial du billet à 200 000 dollars pour les premiers vols sub-orbitaux incluant 2 jours d’entraînement, puis 30 000 dollars pour les suivants, les profits des premiers vols devant permettre de rendre plus abordable le prix des billets suivants. Actuellement, plus de 700 réservations pour les vols, issus de 48 nationalités sont annoncés.

Virgin Galactic n’est pas la seule société à vouloir profiter de la manne spatiale. Blue Origin, pour ne citer qu’elle, fondée par Jeff Bezos, le big boss d’Amazon, a réussi, le 22 janvier 2016, à faire re-voler son lanceur New Shepard après qu’il ait ré-atterri sur ses trains d’atterrissage, devenant ainsi le premier lanceur, bien que suborbital, à pouvoir être réutilisé. Les premiers vols habités pourraient chez eux également être lancés l’année prochaine.

Faisons un peu de people. Quelques vedettes ont avoué leur envie de faire partie des premiers passagers de SpaceShipTwo parmi lesquelles Sigourney Weaver qui voudrait tester l’espace sans Alien, Bryan Singer, Moby, Lady Gaga ou encore Paris Hilton.

Et les hôtels spatiaux, alors ?

Dans les Brèves de parconautes, je vous annonçais l’ouverture prochaine d’un hôtel Star Wars à Walt Disney World. Mais quid de vrais hôtels dans l’espace ?

Malheureusement, il s’avère que l’existence d’hôtels spatiaux relève toujours du domaine de la science-fiction même si Richard Branson a évoqué qu’un tel projet pourrait finir par arriver avec le temps à condition que les vols suborbitaux sont un succès.

Pourtant, à la fin des années 1990, plusieurs entreprises ont envisagé de créer des hôtels placés en orbite terrestre utilisant le réservoir principal de la Navette spatiale américaine, ou des structures gonflables. Mais aucune de ces idées n’a dépassé le stade de l’étude de faisabilité.

Seul Robert Bigelow, propriétaire des hôtels Budget Inn, est toujours dans la course après avoir acquis les plans d’un habitat spatial gonflable issus d’un programme abandonné de la NASA, Transhab.

Et la lune, alors ?

En octobre dernier, Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, spécialisée dans le secteur spatial américain, estimait sur France Info que « La Lune est redevenue la priorité, notamment du point de vue de l’administration américaine ». Depuis son élection, Donald Trump s’investit dans les sujets spatiaux, augmentant le budget de la Nasa, et ordonnant à l’agence spatiale américaine de retourner sur la lune pour la première fois depuis 1972. La différence de taille, aujourd’hui, c’est que le concurrent à la course à l’espace n’est pas un autre pays mais une société américaine, SpaceX. En effet, le 18 septembre dernier, la compagnie d’Elon Musk a annoncé leur premier client, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa qui deviendra le premier touriste spatial à partir en voyage autour de la lune en 2023.

Blue Origin aurait également comme projet, après le vol orbital d’envoyer ses clients sur la lune.

Liste actuelle des touristes spatiaux

Vous commencez à le savoir maintenant, j’adore les listes. En voici donc une nouvelle regroupant les heureux et riches chanceux qui ont connu l’expérience du tourisme spatial. Nom, nationalité, date et coût du vol.

  • Dennis Tito (américain) : du 28 avril au 6 mai 2001. 20 millions de dollars
  • Mark Shuttleworth (sud-africain) : du 25 avril au 5 mai 2002. 21 millions de dollars
  • Gregory Olsen (américain) : du 1er au 11 octobre 2005. 20 millions de dollars.
  • Anousheh Ansari (américano-iranienne) : du 18 au 29 septembre 2006.  20 millions de dollars.
  • Charles Simonyi (hongro-américain) : du 7 au 20 avril 2007. Il a 25 millions de dollars. Pour info, il est retourné dans l’espace le 26 mars 2009, en déboursant cette fois 22 millions de dollars. Y a du dégressif dans l’air ! 😉
  • Richard Garriott (américain) : le 13 octobre 2008. 30 millions de dollars.
  • Guy Laliberté (québequois) : le 30 septembre 2009. 35 millions de dollars.

 

Sources : Wikipédia, France info, Sciences et avenir et les sites des sociétés citées.

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