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Pourquoi je préfère Marvel à DC

13 Jan 2019 | Un peu de moi | 0 commentaires

À force de le répéter à longueur d’articles sur l’univers superhéroïque, vous allez finir par le savoir – et accessoirement vous dire que je radote sévère – j’ai toujours préféré Marvel à DC. Pourtant, ce jour est à marquer d’une pierre blanche, celui où, peut-être, j’ai commencé à virer ma cuti.

Il me semblait important à cet instant précis, que ce soit dans la vie du blog et dans l’évolution de mes goûts de poser les bases et de vous expliquer, avec un ressenti qui n’engage que moi, pourquoi j’ai toujours préféré les comics de chez Marvel.

La genèse du geek

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours kiffé les super-héros. Je devais avoir 6 ou 7 ans, peut-être moins, quand j’ai commencé à lire des comics. Et si mes souvenirs sont exacts – c’est que je me fais vieux maintenant – j’ai lu les aventures de Batman et Superman avant celles de Spiderman, des X-men et des Quatre Fantastiques. J’avais l’âge où je n’achetais pas les BD moi-même. On me les offrait. Mes parents connaissaient mieux les héros de DC parce qu’ils les avaient découverts adolescents. Fantask, Strange et compagnie, c’était l’inconnu. Le petit lecteur, très content de ses heures passées dans les cases entre deux phylactères, un jour, s’émancipe. Son argent de poche lui sert à acheter ce que ses parents ne lui ont pas donné. Curieux, il vogue vers de nouveaux horizons. Le petit lecteur devient pubère. Mais comme il n’ose pas s’acheter Lui ou Playboy, sa main tremblante se dirige vers les revues avec des filles en costume moulant mettant bien en valeur leurs qualités hors normes. Et je ne parle pas que des pouvoirs. Et pour changer, pourquoi pas mater Strange Girl ou Jane Storm.

Pourquoi j’ai continué à préférer Marvel ?

Appelons ça l’effet Stan Lee. Ce génie, n’ayons pas peur des mots, a compris avant tout le monde – et donc avant la Distinguée Concurrence – qu’un surhomme ne devient vraiment attachant que par ce qui le lie à nous, pauvres lecteurs de comics mortels. Même si Clark Kent avait compris avant Peter Parker que de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités, il n’a pas souffert avant l’obtention de ce pouvoir. Bien sûr, il est orphelin. Bien sûr, Krypton, sa planète natale, a disparu. Mais les aventures de Superman, je parle bien sûr de la période qui va du Golden Age (de l’apparition des super-héros dans les comics en 1938) au Silver Age qui marque l’entrée des héros dans l’âge de la maturité (disons jusqu’au début des années 70) se conçoivent dans une certaine insouciance du quotidien et du coût des dégâts occasionnés. Depuis son arrivée sur Terre, il a des parents adoptifs formidables. Quand il arrive dans la grande ville, à Métropolis, il ne galère pas à trouver un boulot. Il rencontre même la femme de sa vie dans la foulée. Jamais de souci de santé – c’est Superman quand même – ni de problème d’argent. Tiens, puis qu’on parle brouzoufs.  Même si Bruce Wayne a souffert du meurtre de ses parents quand il était minot, il vit une existence de milliardaire, loin des soucis du commun des mortels. Nous sommes dans les sphères mythologiques à l’instar de l’Olympe et de ses Dieux grecs.

Si on se replace dans les années 60 et qu’on mate quelques épisodes de la série Batman de l’époque, on remarquera qu’à grands coups d’onomatopées, l’ensemble reste léger, très en surface. L’époque est insouciante. Le divertissement est pour les enfants. Des raisons pour que l’exemple semble mal choisi. Pourtant, dans le même temps, au moment où Timely Comics change de nom pour devenir Marvel Comics, le jeune Stan décide de se distinguer de la concurrence (hé hé !) en abordant différemment les héros qu’il se prépare à créer.

Quand les Quatre Fantastiques arrivent, la donne change légèrement. Alors oui, d’accord, ils vivent dans un immeuble, le Baxter Building, qui appartient au leader du groupe, Reed Richards alias Mr. Fantastic, mais dans le même temps, Benjamin Grimm devient un monstre de pierre ce qui ne lui permet pas d’avoir une double vie. Quand Peter Parker se fait piquer par une araignée radioactif, cela ne résout en rien ses problèmes du quotidien. Il est un étudiant lambda qui court après l’argent pour pouvoir continuer ses études. Et même si l’arrivée de Spiderman dans sa vie lui permet de se placer comme le photographe « officiel » du lanceur de toiles, il n’en demeure pas moins qu’il galère. Le temps passé à sauver son prochain l’empêche de vivre sa vie. Si bien qu’il essayera à plusieurs reprises de jeter son costume à la poubelle pour devenir un citoyen lambda et, enfin, être heureux. Son humour, sa marque de fabrique, est un pansement sur son triste quotidien. Parce que, voilà, on ne le répétera jamais assez, « De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ».

Et puis arrivent les X-Men. Les mutants voient leur corps changer à l’adolescence et se voient dotés de pouvoirs parfois magiques, parfois glauques. Bon, ça change un peu de l’arrivée des poils et des modifications du corps que nous avons tous connus… Sauf si tu as moins de dix ans, auquel cas je te félicite de lire un texte qui doit te sembler bien loin de ton époque. N’empêche que la situation fait écho en nous, nous rassure ou nous fait rêver. La chasse aux mutants, présente dès les premières aventures du groupe est une parabole du racisme, de la peur de l’autre, de celui qui est différent. Leur leader est un handicapé. Et bien que le Professeur Xavier soit un télépathe de haut niveau, il ne peut se déplacer qu’en fauteuil roulant. On est loin du héros bodybuildé aux biceps saillants.  Plus tard, dans les années 90, le quotidien de l’humanité se retrouve dans leurs albums. Nous avons le SIDA. Ils ont le Virus Legacy. Les événements de notre société s’invitent dans les aventures superhéroïques. Si on considère que Captain America est le premier héros de chez Marvel – le débat est ouvert – il doit son existence à la seconde guerre mondiale… et au renouveau des comics dans les années 60 puisqu’il avait été laissé pour mort dans une précédente vie, avant Marvel.

La mort des super-héros

Puisque nous abordons le sujet de la mort, attardons nous plus globalement sur le sujet. Du côté de la Maison des Idées, en 1982, quand un héros emblématique, celui qui porte le même nom que la maison d’édition, Captain Marvel premier du nom, meurt pour de vrai, c’est d’un « banal » cancer. On a tellement été habitué à ce que ces héros qui prennent des risques inconsidérés à longueur de cases s’en sortent toujours indemne que le choc fut rude et, en même tant, tellement humain, tellement nous. Quand DC décide de faire mourir son emblème à lui, Superman, non seulement c’est dix ans plus tard, non seulement c’est dans un combat titanesque, mais pour couronner le tout – Épiphanie inside – il revient rapidement en trois exemplaires. Mieux que l’hydre de la mythologie ou l’Hydra chez Marvel. Bref, Marvel one point, again.

Bon d’accord, mais quelque soit l’éditeur, un super-héros, ça souffre, non ?

Oui, bien sûr. Je schématise dans mon sens. Parce que, au final, c’est assez difficile d’expliquer ses goûts en les mettant à plat, comme ça. Ils peuvent découler de tellement d’événements futiles cumulés, d’alignement de planètes parfait, the right comics at the right place, tout ça. Est-ce que la qualité de nos goûts dépend d’une logique imparable valable pour tout à chacun ? J’en doute.

Pour répondre à la question que je me pose – de l’avantage d’être le blogueur – oui, le héros masqué se doit d’avoir une faille. Ça fait parti du contrat superheroïque. Vous savez, les petites lignes en bas de page qu’on ne lit jamais même au moment du paraphe. Une fois ce « mauvais moment » passé se joue, à mon sens, la différence, celle du quotidien. La faille façonne le mental. Une sorte de « plus jamais ça » pour les autres, parce que pour lui il est trop tard. La souffrance se doit de devenir utile pour ne pas qu’elle s’enroule à l’infini dans l’esprit du héros au risque qu’il devienne fou. Je ne peux pas être une victime parce que je suis un justicier. Voilà comment les super-héros sont traité côté DC. Je considère l’approche de Marvel  plus subtile, plus logique, plus cohérente. Non seulement le fait d’endosser le costume moulant ou la cape – voire même les deux pour les plus frileux – ne remplit pas son supposé rôle de médicament de l’âme mais la nouvelle donne, les nouveaux pouvoirs, et donc le nouveau statut, est cause de problèmes inédits sans pour autant résoudre les précédents.

Mais la différence originelle, c est le changement. Superman est extra-terrestre. Ses pouvoirs apparaissent à l’ouverture de la capsule venant de Krypton grâce aux rayons de notre soleil jaune. Batman n’a pas de pouvoirs. Un long entraînement a été nécessaire, associé à beaucoup d’argent pour concevoir costume, bat-mobile et tous les bat-gadgets, pour devenir l’ombre de la nuit vengeresse. Idem pour Green Arrow. Wonder Woman est une amazone. Je prends bien sûr des exemples qui m’arrangent en mettant sous le tapis les Flash ou autres Green Lantern.

Tous les héros emblématiques Marvel ont connu un changement subite, avec un avant et un après. Les rayons cosmiques pour les Quatre Fantastiques, la piqure de l’araignée radioactive pour Spiderman, le gène X pour les mutants, la rencontre avec Galactus pour le Surfer d’Argent, le sérum du super-soldat pour Captain America. Là aussi, je glisse dans l’ombre des personnages comme Namor ou Iron Man qui n’est finalement qu’un Bruce Wayne en métal. Encore que si on prend l’exemple de ce dernier, très vite, dans les années 70 si je ne dis pas de bêtises, il deviendra alcoolique. Marvel touch.

Le changement, c’est maintenant !

Je ne suis pas sûr du titre à la super-Flamby mais il est pourtant bien réel. Après le changement apportant ses pouvoirs au super-héros, je vais enlever mon costume de super-modeste pour tout ramener à moi. Comme je l’annonçais en préambule, ma forteresse est peut-être sur le point de se fissurer. Un travail de longue haleine de la part de DC qui a su évoluer dans le bon sens, celui d’un certain réalisme. Entre temps sont passé par là Watchmen et Alan Moore. Batman est devenu grâce à Franck Miller une référence dans la darkitude et de l’âme torturée. Superman est moins lisse qu’à ses débuts, et la faute n’est pas à la moustache rasée numériquement lors du dernier opus du kryptonien sur grand écran. Même s’il est difficile de modifier le sillon que l’enfance à creuser en nous, l’âge avançant, s’ouvrir à de nouveaux horizons est piqué d’une nécessité pour celui qui ne veut pas de mornes certitudes pour lui faciliter la discussion. Ce qui n’empêche pas un sens du suspens puisque les raisons de ce changement, je vous les dévoilerai dans le prochain article.

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