Dicoview #1 : Amandine Marshall - Égyptologue / Présentatrice sur ToutankaTube

Dicoview #1 : Amandine Marshall - Égyptologue / Présentatrice sur ToutankaTube

Temps de lecture : 8 min

Dicoview #1 : Amandine Marshall - Égyptologue / Présentatrice sur ToutankaTube

Soyez la bienvenue dans cette nouvelle série d'articles dans laquelle vous allez découvrir des personnalités passionnantes qui partageront avec vous leur histoire, leurs passions, leurs savoirs et leurs humeurs. Les Dicoviews, ce seront des interviews sans questions, en complète adéquation avec le blog, spin off de l'Impossible Dictionnaire. À chaque lettre de l'alphabet - le challenge étant, même si ce n'est pas une obligation, de toutes les utiliser - mon invité optera pour un mot de son choix, suivi d'une explication plus ou moins fournie.

C'est Amandine Marshall, docteur en égyptologie, auteur de nombreux ouvrages sur l’Égypte ancienne qui inaugure le concept. Ça y est, je vous sens déjà remuer sur votre chaise en vous disant que vous préfèreriez être devant La Momie de Stephen Sommers ou popcorner en matant tous les films à bandelettes de la Hammer plutôt que de vous fader une interview chiante emplie de mots abscons. Et vous auriez tort parce qu'au contraire, Amandine est une vulgarisatrice hors paire qui se lance dans quelques jours sur Youtube avec une ligne éditoriale des plus intéressantes. ToutankaTube (abonnez-vous !) se veut une chaîne facile, intrigante, étonnante, ouverte aux profanes, mieux, qui va traiter de thèmes modernes par le biais des pharaons et autres dieux égyptiens à grands coups de titres bigrement accrocheurs. Quelques uns vont vous êtres dévoilés dans quelques instants.

Je me sens très proche de cet esprit. Ce n'est pas la culture qui est chiante, ce sont ceux qui souhaitent se la garder comme un trésor sacré en employant des mots et de méthodes obscures pour ne pas ouvrir leur savoir au monde, petits égoïstes qu'ils sont. Amandine, au contraire, souhaite utiliser toutes les ficelles possibles pour partager sa passion. Et puisque la jeunesse est aujourd'hui sur YouTube, la plateforme vidéo devient son nouveau support après les livres. C'est pour cette raison que j'ai eu envie de commencer les dicoviews avec elle.

Petit fun fact, la passion d'Amandine pour l’Égypte ancienne est née en partie grâce à ses visites au musée Georges-Labit (Toulouse) - j'adore ce nom, il paraît que le "t" se prononce -, un musée dont j'ai fait connaissance pour la première fois fin août lors de la magnifique soirée La Japonaise à laquelle j'étais conviée en marge du salon Japan Natsu. Bon, voilà, ça n'intéresse personne mais j'avais envie de partager avec vous ce hasard de la vie.

Avant d'attaquer le dico d'Amandine Marshall, si vous le souhaitez, je vous invite à lire une interview plus classique lors de laquelle je l'ai mise à la question. C'était sur le site de Paroles d'Auteurs.

A comme Art

L’art égyptien est particulier, il utilise beaucoup de codes et si on ne les connaît pas, on peut ne pas comprendre ou mal comprendre ce qui est représenté. ToutankaTube donnera quelques clés pour mieux comprendre cet art magnifique avec "Pourquoi l’art égyptien ressemble à du Picasso (en mieux) ?"

B comme #Balancetonporc

Si le hachtag #Balancetonporc est très moderne, il est complètement possible de l’appliquer à l’Égypte antique. Une première vidéo portera sur les dieux égyptiens, dont deux divinités particulièrement honorables et respectées qui, pourtant, se sont rendues coupables de crimes sexuels abominables. Puis une deuxième vidéo dénoncera l’un des hommes les plus importants du petit village de Deir el-Médineh, où habitaient les artisans chargés de creuser et décorer les tombes des rois, reines et nobles. L’un d’eux était un véritable monstre et fit régner la terreur dans le village. Une dernière vidéo abordera la question de la nécrophilie dans les ateliers de momification avec "#Balancetonporc chez les embaumeurs".

C comme ... Cléopâtre

La dernière reine d’Égypte, Cléopâtre VII, est l’une des plus célèbres souveraines de l’histoire de l’humanité. Et comme bien des personnalités, elle a suscité maints fantasmes et rumeurs de son vivant, mais aussi après sa mort. Avec "5 fake news antiques sur la mort de Cléopâtre", nous aborderons les rumeurs incroyables qui se sont propagées de l’Antiquité à nos jours.

D comme Deir el-Médineh

Le village de Deir el-Médineh est presque l’équivalent de Pompéi. Il a été abandonné sur un temps relativement court et ce sont des milliers d’ostraca – éclats de pierre à la surface plate ou éclats de vase – écrits et figurés qui ont été retrouvés. Une vraie mine d’or ! On y trouve aussi bien des ébauches de dessinateurs, que des courriers, des mémos, des procès verbaux, des documents administratifs et des brouillons d’écoliers !

E comme Explosion de momies !

"Les momies égyptiennes pouvaient-elles exploser ?" C’est avec cette thématique que j’ai choisi de débuter l’aventure ToutankaTube. La question peut sembler loufoque mais elle est très sérieuse, puisque la réponse est oui !

F comme Fake news

Si le terme fake news est très moderne, il renvoie à beaucoup de prétendus mystères, secrets et énigmes de l’Égypte antique, car cette civilisation est un vrai vivier à fantasmes. Mais dans l’Antiquité, les fake news allaient bon train aussi, notamment parce que l’image et l’écrit étaient utilisés comme moyen de propagande par les Anciens. Il faut donc toujours se méfier de ce qu’on lit !

G comme Gruger pour obtenir la vie éternelle !

Avec "Comment gruger en Égypte ancienne pour obtenir la vie éternelle : mode d’emploi", l’idée est d’aborder le fait que certains Égyptiens n’étaient pas très sereins à l’idée de comparaître devant Osiris et les 42 juges de l’Au-delà et qu’ils avaient trouvé la combine pour que leurs fautes et erreurs ne soient pas révélées…

H comme Hiéroglyphes

Les Égyptiens utilisaient les hiéroglyphes pour écrire. Leur système est bien évidemment très compliqué, mais avant d’arriver à ce stade, il y a une foule de choses faciles que l’on peut apprendre aux gens. J’ai d’ailleurs publié Bienvenue à l’école des petits scribes à l’attention des enfants pour leur apprendre à reconnaître le sens de lecture des hiéroglyphes, savoir qui parle et qui répond sur une stèle et à décrypter plein de noms de dieux, de pharaons et de cités. Ce livre a tellement de succès que Khaled el-Enany, le Ministre des Antiquités égyptiennes, souhaite le faire traduire en arabe, et un éditeur américain est également très intéressé. Il a été réédité récemment et devant le succès qu’il rencontre aussi bien auprès des enfants que des adultes, j’ai décidé de proposer une version pour adultes, Bienvenue à l’école des scribes, actuellement en cours d’écriture.

I comme Inceste

L’inceste en Égypte ancienne revient souvent dans les questions que l’on me pose, aussi ai-je décidé d’expliquer la situation aux gens de manière à ce qu’ils comprennent qu’il faut porter un autre regard sur les pratiques de l’Antiquité avec "Pourquoi les pharaons pouvaient-ils épouser leur sœur ?". Mon rôle n’est pas de prendre position, en tant que scientifique, je livre les informations et les gens en pensent ensuite ce qu’ils veulent.

J comme Jeux

Il existait une quantité de jeux en Égypte ancienne et, sans surprise, on ignore souvent leurs règles. Par exemple, j’ai découvert des billes dans la cour de récréation d’une école antique, mais cela ne me dit pas comment les enfants égyptiens y jouaient. Parfois, certains jeux ont traversé le temps, ce qui fait que l’on sait quand même comment ils se divertissaient.

M comme Malédiction

ToutankaTube souhaite proposer trois sujets invoquant des malédictions : "Oui, des malédictions étaient bien écrites dans certaines tombes égyptiennes", "Il y a bien eu une malédiction de Toutânkhamon, mais pas celle que vous croyez !" et "La malédiction des roux, un héritage de l’Égypte ancienne". Le premier sujet consistera à démystifier ce que l’on raconte sur les malédictions écrites dans les tombes car s’il y en a bien eues, la tombe de Toutânkhamon, par exemple, n’en avait pas. Le deuxième sujet racontera, avec humour et détails archéologiques à l’appui, les couacs absolument ahurissants qui se produisirent au moment des funérailles de Toutânkhamon, toujours lui, et qui convainquirent certainement les ouvriers de l’époque qu’ils étaient maudits ! Le dernier sujet est plus grave puisqu’il empoisonne la vie de milliers de personnes rousses à travers le monde. Avec cette vidéo, on espère contribuer à changer, au moins un peu, les mentalités, en expliquant aux gens d’où est venue l’idée et comment elle a fait boule de neige avec des préjugés stupides et infondés.

N comme Nourriture momifiée !

Les Égyptiens ne momifiaient pas seulement les êtres humains et les animaux. À l’époque de Toutânkhamon, ils se sont aussi essayés à momifier la nourriture et dans la tombe du jeune roi, ce sont des oies rôties et des pièces de bœuf que l’on a retrouvé artificiellement conservées !

O comme Œil-oudjat

L’œil-oudjat est une amulette très puissante, déjà par son nom qui veut dire « sain ». Il fait allusion à l’épisode où le dieu Horus eut l’œil gauche arraché par son oncle Seth qu’il combattait pour obtenir le trône d’Égypte. Heureusement, le dieu Thot lui remit l’œil en place par la magie et le rendit "sain" donc guéri. Ensuite, la forme même de l’amulette, figurant un œil est très importante : elle rappelle l’œil du dieu du Soleil Râ qui voit tout. Il est donc à même de protéger au mieux son porteur. Enfin, la couleur de l’amulette et le matériau choisis étaient aussi importants car eux aussi véhiculaient une magie protectrice pour les Anciens.

P comme Papyrus d’interprétation de songes

On a l’incroyable chance de posséder un papyrus en assez bon état de conservation qui livre des interprétations intéressantes, surprenantes, voire cocasses sur les rêves. Voilà précisément le genre d’anecdotes que je vais adorer raconter avec "Que révèle le papyrus qui interprétait les rêves en Égypte ancienne ?"

R comme Ramsès II

Ramsès II est très certainement le pharaon le plus célèbre de l’Antiquité et, il faut l’avouer, c’est un personnage fascinant ! Il nous a laissé, plus que tout autre roi, une foule incroyable d’informations sur sa personne, des fake news aussi car il a énormément utilisé la propagande pour se façonner une image idéale de sa propre personne. On a donc beaucoup écrit sur Ramsès II, parfois relayé des idées reçues, mais certaines choses demeurent méconnues. Ce sera l’occasion d’en parler avec "5 choses que vous ne savez pas sur Ramsès II".

S comme Seth

Seth était le dieu du Chaos. Cruel et perfide, il assassina son frère Osiris, viola plusieurs déesses dont sa propre nièce et fomenta d’écarter définitivement son neveu Horus du trône d’Égypte avec un méthode peu orthodoxe, c’est le moins que l’on puisse dire ! "Pourquoi Seth a-t-il cherché (et réussi) à sodomiser son neveu Horus ?" sera l’occasion de comprendre sa stratégie et d’évoquer la façon dont les Anciens concevaient l’homosexualité.

T comme Toutânkhamon

S’il y a un roi qui est associé aux fantasmes de l’Égypte ancienne, c’est bien lui ! Il interviendra dans plusieurs sujets mais l’un d’eux lui sera particulièrement consacré : "5 choses mystérieuses que vous ne savez pas sur la momie de Toutânkhamon". On parle beaucoup (trop) de mystères infondés à propos de l’Égypte antique, mais dans son cas, sa momie soulève de vraies questions et de vrais mystères.

V comme Voyage

ToutankaTube est une chaîne d’égyptologie mais aussi une invitation à un voyage dans le temps et dans l’espace. C’est la raison pour laquelle chaque vidéo sera agrémentée de photos ou d’extraits vidéo pour que les gens se projettent au mieux dans l’histoire.

 

Crédits photo : Michel Vaillant

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Dicoview #2 : Fabien Soldevila - Blogueur gourmand

Dicoview #2 : Fabien Soldevila - Blogueur gourmand

Temps de lecture : 8 min

Dicoview #2 : Fabien Soldevila - Blogueur gourmand

Après l’Égypte ancienne, notre Dicoview du jour - entendez interview alphabétique - nous emmène dans une contrée moins éloignée, plus proche de notre quotidien, la gourmandise. Fabien aime se titiller le palais de plaisirs nouveaux qu'il partage tout azimut avec le plus grand nombre. Sur son blog, bien sûr, bObStronomie mais aussi sur les antennes de France 3 Occitanie et France Bleue Hérault. Il voue une passion pour les beaux produits qu'il sublime au travers de ses recettes personnelles.

J'ai rencontré Fabien lors d'une dégustation de cuisine gabonaise à base d'abats. Enfin, pas tout à fait. J'ai vu un monsieur avec son chapeau parler à tout le monde, prendre plein de photos et de vidéos pendant l'évènement. Plus tard, alors que je contactais le CLACQ, Le Club des Amis du Cinquième Quartier de Montpellier, c'est lui qui répondit à mes interrogations. Puis il m'a proposé de rejoindre la TeamBlogMTP dont il est le président. C'est que le monsieur est multi-casquettes. Si vous aussi vous êtes gourmand - bienvenue au club - vous allez vous régaler à la lecture de l'interview qui suit.

A comme Andouillette

Car je trouve sympa de démarrer par ce mot, symbole de la cuisine de brasserie qu'on adore ou qu'on déteste. De mon côté je l'adore, juste grillée avec une bonne moutarde à l'ancienne. À tant aimer ces produits de nos terroirs, je suis même devenu membre d'un club, le CLACQ, qui défend la cuisine des abats.

B comme bOb

C'est mon petit surnom, même si je ne me prénomme pas Robert. C'est de ce surnom qu'est né "La Cuisine de bOb" puis "bObStronomie", mon blog consacré à tout ce qui se mange et se boit.

C comme ... Cuisine

Il y a d'abord le lieu, la pièce dans la maison, celle que je préfère, je me sens tellement bien dans une cuisine. Il y a ensuite l'activité, la cuisine, faire à manger, imaginer des recettes, des accords, travailler les épices et partager le tout avec ma famille et mes amis.

D comme Déjeuner

Ce mot est surtout synonyme de pause, la fameuse pause déjeuner. Lors d'une journée de travail, il est important de pouvoir s'offrir une vraie parenthèse lors du déjeuner, prendre le temps de manger son repas fait maison ou sortir dans un petit restaurant. Pour moi, c'est primordial afin de passer une bonne après-midi de travail.

E comme Épices

Une des bases de la cuisine afin de donner du relief pour transformer une recette. Elles sont nombreuses avec des arômes qui font voyager d'un bout à l'autre du monde. À titre d'exemple, j'ai une petite passion pour les poivres, le Timut et ses arômes d'agrumes, la finesse du Madagascar ou le piquant du rouge Kampot. Apporte des épices dans ta vie !

F comme Fromages

Au pluriel, je les aime tous ! Ils représentent pour moi une transition importante de ma vie, celle où j'ai appris à les aimer. Étant jeune, je ne pouvais pas rester à table en présence d'un fromage, il m'a fallu du temps pour les comprendre, les découvrir, les apprécier. Aujourd'hui, je rattrape le temps perdu, je suis même devenu fan du Roquefort. Sachant qu'il y a plus de 1000 variétés de fromage en France, il me reste encore de quoi me régaler !

G comme Gourmand

Un des 7 péchés capitaux pour lequel je plaide coupable sans honte. Vous l'aurez compris, je suis très gourmand. La gourmandise est souvent associée au sucre, mais de mon côté, bien que multiple, elle est plutôt salée. Je peux avoir des envies subites sans forcément avoir faim, juste une idée, une image ou une odeur. Je crois que c'est ça la gourmandise.

H comme Hypocondriaque

Il parait que je le suis. Je dois me rendre à l'évidence, il y a un peu de ça. Le moindre bobo se transforme en maladie exotique qu'on ne peut normalement attraper qu'en Papouasie du sud. J'en profite pour saluer ma généraliste Béatrice, elle fait presque partie de ma famille.

I comme Italie

Je suis méditerranéen, avec l'Italie on est en plein dedans. J'aime le pays et sa culture, avec une mention spéciale pour Florence. Il y a les vins bien sûr mais surtout la gastronomie. Ce que j'aime en Italie c'est à la fois la gourmandise et la simplicité de sa gastronomie. Pâtes, pizzas, risottos... Ce ne sont pas forcement des plats élaborés et compliqués, mais qu'est ce que ça peut être bon quand c'est bien fait. Il serait difficile de choisir mais comment ne pas craquer devant une belle assiette de pâtes fraiches accompagnée d'une sauce tomate maison, basilic et parmesan ? Si tu veux quelques idées, c'est par ici.

J comme Jeûne

Aucun rapport avec mon âge, c'est plutôt du mot issu du verbe jeûner que je voudrais vous parler. Depuis quelques temps, je pratique avec modération la technique du jeune, c’est-à-dire que je n'alimente plus mon estomac durant quelques heures ou jours. Ce que je préfère c'est le jeune intermittent qui consiste à sauter uniquement un seul repas, le petit déjeuner, le déjeuner ou le dîner. Je trouve que ça me fait du bien, que ça met mon estomac et mon foie au repos.

K comme Kilos

Il te suffit de lire la lettre précédente pour comprendre que je fais attention à mon poids et à ce que m'affiche ma balance. J'ai une relation particulière avec les kilos, un je t'aime moi non plus on va dire. J'ai une morphologie propice aux kilos, ils aiment me squatter et comme tout bon squatteur ils sont difficiles à déloger. La cause ? Il suffit de lire les lettres A, C, F, G, I...

L comme Légumes

Je suis un ami des légumes ! Si je n'aimais pas autant la viande et le poisson, je serais végétarien. Plus sérieusement, je les aime tous, les cuits, les crus, les tendres, les croquants, les fondants, les beaux, les moches, etc. Là, dans mon frigo, j'ai par exemple un brocoli, c'est un légume que j'aime préparer légèrement blanchi puis sauté au wok avec de l'huile de sésame et des épices, le curry lui va très bien. J'en mange beaucoup et ils ne sont pas qu'un accompagnement qu'on met dans un coin de l'assiette. Et en plus, ils sont bons pour la santé !

M comme Montpellier

Je suis un produit totalement Languedocien, né à Sète, une enfance à Nîmes, je suis aujourd'hui à Montpellier depuis plus de 20 ans. C'est une ville que j'ai aimée à notre première rencontre. J'aime sa douceur le jour et sa vie la nuit. J'adore ses petits restaurants et bars qui parsèment le centre-ville, l'écusson comme on le dit ici.

N comme Nathalie

C'est ma chérie, ma douce comme j'aime l'appeler. Elle accompagne ma vie amoureuse de bonheurs quotidiens, mais aussi, elle sait me suivre et m'encourager dans toutes mes aventures. On partage tellement de choses que cette lettre N ne pouvait être que pour elle.

O comme Occitanie

Lors de la fusion des régions, il y avait les contres, moi j'étais plutôt partisan. Ça n'a rien de politique, c'est simplement que je vois en ce changement un terrain de jeu encore plus grand pour mon blog. Aujourd'hui je me considère comme un habitant d'Occitanie.

P comme Pain

Je n'en consomme finalement pas tant que ça au quotidien, je me le réserve pour les beaux repas, pour les apéros avec charcuteries et fromages, où pour mes soirées dédiées à la tartine. D'ailleurs, chaque année, le 30 janvier, c'est la Sainte Tartine, une date que je marque d'une petite croix dans mon agenda. À l'heure de l'industrialisation, on a encore beaucoup d'artisans talentueux qui font de ce symbole de la France un art.

Q comme Qualité

C'est un mot que je retrouve beaucoup dans le milieu de la gastronomie. Aujourd'hui, comme moi, les gens recherchent plus la qualité à la quantité. Je parle du manger local, du bio et de tous les signes relatifs à la qualité (AOP, IGP, Label Rouge…). De mon côté, je suis très attentif à tout ça et j'essaye autant que possible de privilégier les bons produits pour moi et ma famille.

R comme Resto

J'aime dire que je vais au "resto" et non pas au restaurant, un peu comme si c'était quelque chose d'habituel et d'intime. Je prends autant de plaisir à cuisiner qu'à aller au resto, tant ce sont des lieux où je me sens bien. Je pense savoir apprécier tout autant un resto de rue, qu'un resto bistro ou qu'un resto gastro, toutes les cuisines, les styles et les influences me plaisent. À Montpellier, la liste des bonnes adresses est longue, Le Bistro Urbain, Le Pastis ou Leclere. À l'extérieur de Montpellier également, à Palavas il y a le Saint Georges, ou à Castries avec le Disini.

S comme Saucisson

J'ai déjà utilisé ma lettre A, j'en profite ici avec le S de saucisson, pour mentionner un indispensable de la gastronomie que j'aime à savoir les "apéros" ! Un apéro ça commence souvent par des amis, ça continue avec une table pleine de choses à manger (avec les doigts de préférence) et ça se termine… le plus tard possible.

T comme Truffe

Certainement le produit de luxe que je préfère. J'aime son odeur et sa puissance aromatique. Dans les restaurants, il m'est presque impossible de ne pas craquer pour elle. À la maison, quand je peux m'en procurer, comme un enfant devant son plus beau jouet, je prends du plaisir à la regarder, à la sentir, à la préparer et à la déguster.

U comme Ustensiles

Je suis un collectionneur. Ma cuisine est pleine de petits gadgets qu'on appelle aussi des cook toys. Ça va de la petite tige qui permet de faire des spirales dans les légumes jusqu'aux ciseaux à ciseler les herbes fraîches. Pour me soigner, j'évite d'aller dans les boutiques où il me serait impossible de sortir bredouille. Là, j'ai une grosse envie d'acheter un couteau magique pour ouvrir les huîtres, mes beaux-parents en ont un, j'en suis jaloux !

V comme Vin

À consommer avec modération bien sûr ! Le vin est un produit magique, c'est le résultat de la fermentation du raisin, qui a la particularité de ne plus avoir le goût du fruit qui en est son origine. On dit jamais d'un vin qu'il a le goût du raisin, on va lui trouver de la fraise, du pamplemousse, du cuir, du poivre blanc, etc. Une vie n'est pas suffisante pour en être un expert tellement il y en a des différents, tant par les cépages, par les terroirs que par les méthodes de vinification ou d'élevage. D'une certaine façon il apprend l'humilité.

W comme Wakame

On arrive dans les lettres où ça va être chaud de trouver des mots. Le W n'est pas si mal car je peux y caser le Wakame, cette algue que j'ai découvert lors de mes premières expérience japonaise. Dans ces restaurants je me régale systématiquement de cette algue assaisonnée qui flashe dans son petit bol. J'aime sa fraicheur et sa salinité naturelle. Les algues, l'aliment star de demain parait-il.

X comme Xérès

Jerez de la Frontera, aussi appelée Xérès en français, est une ville espagnole située dans le sud de l'Andalousie, dans la province de Cadix. Elle est située dans la plaine de l'estuaire du Guadalquivir, à 12 km de l'océan Atlantique et à 85 km du détroit de Gibraltar. C'est une ville célèbre pour la culture de la vigne et l'élevage équin. La ville comptait 212 915 habitants en 2017, ce qui en fait la ville la plus peuplée de la province de Cadix, la cinquième d'Andalousie et la 25e de l'Espagne. Merci Wikipédia, de mon côté Xérès c'est surtout du vin et un excellent vinaigre qu'il faut avoir absolument dans sa cuisine.

Y comme Yaourt

Bon, je vais être honnête pour le Y je n'ai trouvé que Yaourt. Je n'en suis pas un grand adepte, j'ai des périodes, enfin surtout quand j'ai une bonne confiture. Voilà, ça y est, j'ai une pulsion. Là, je pense que je vais aller sur Amazon pour regarder les yaourtières, je n'en ai pas. Des yaourts home made c'est quand même autre chose. Je sens que je vais me faire gronder moi, hé hé !

Z comme Zeste

J'ai quelques ustensiles pour prélever les zestes de tous les agrumes. On utilise souvent les jus des agrumes alors que la peau termine souvent à la poubelle. Cette peau contient une fine couche, le zeste, qui peut venir sublimer tes plats et tes assiettes. Moi, ce que j'aime, c'est venir zester au dernier moment directement sur l'assiette avant de servir, bim, ça claque sur ton palais.

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Dicoview #3 : Jocelyn Calac - Photographe amoureux du Japon

Dicoview #3 : Jocelyn Calac - Photographe amoureux du Japon

Temps de lecture : 7 min

Dicoview #3 : Jocelyn Calac - Photographe amoureux du Japon

Cela fait un petit moment que je ne vous ai pas proposé de Dicoview, vous savez cette interview alphabétique qui permet de mieux connaître les passionnés et leur(s) centre(s) d'intérêt. Mais comme ce qui est rare est précieux, c'est peut-être finalement une bonne chose. Je ne l'exprime pas assez à longueur d'articles mais je suis passionné par le Japon. C'est très récent, ça date de 2016. À l'époque, nous avions avec mon fils l'envie d'une aventure commune qui se devait être du côté vidéo de la Force. Le point commun de nos listes d'envies respectives fut le Japon. Pour être tout à fait honnête, le pays ne m'attirait pas plus que ça. Mais comme il nous fallait un sujet qui nous permette la découverte, il s'est retrouvé presque à mon corps défendant dans les options envisageables. C'est vous dire la claque que j'ai pris en posant pour la première fois le pied sur l'Archipel. Je n'en suis pas encore revenu mais si l'envie d'y retourner ne m'a plus quitté depuis. Si vous êtes curieux, la chaîne YouTube où nous avons partagé notre aventure s'appelle Mission Japon.

Bien sûr, quand on lance une chaîne, on regarde celles qui existent autour du même sujet, moins pour s'en inspirer que pour faire un état de l'existant afin de déterminer ce qu'on peut apporter de nouveau. C'est à cette occasion que je suis tombé sur la chaîne de Jocelyn, Jos au Japon. Le gars était sympa, naturel, plutôt à l'aise de parler seul devant la cam. Je me suis abonné à la chaîne.

J'ai continué à le suivre sur différents réseaux sociaux, j'ai vu naître sa passion pour la photographie, vu arriver ses premières expositions. Son envie de partager s'est aussi transportée dans les pages d'un premier livre. Et c'est pour parler du deuxième, Tokyoïtes, dans un format un peu particulier que j'ai décidé de vous le présenter par l'intermédiaire de cette troisième Dicoview.

Si avant même de découvrir l'homme, vous souhaitez en savoir plus sur l’œuvre, voire même avoir le goût sûr d'en faire l’acquisition, je vous envoie sur cette page.

Avant de laisser Jocelyn égrener l’alphabet à la recherche des mots lui correspondant le mieux pour chacune des lettres qui le composent, quoi de mieux qu'une petite vidéo présentant son actuel projet. Monsieur le photographe, c'est à toi !

A comme Amour

Pour l’Amour des gens qui sont en majeure partie les principaux sujets de mon travail photo. Ce sont bien les autres qui me fascinent, comme des millions de miroirs et, à Tokyo, ce ne sont pas les gens qui manquent avec ses 40 millions de Tokyoïtes.

B comme Bienveillance

Elle est de mise au Japon. Sans elle, aucun photographe ne ferait de beaux portraits ni de belles photos de rue. C’est avant tout avec cette même bienveillance que je "capture" les gens dans leur espace public. Cela explique peut être que la grande partie des gens ne m’en tiennent pas rigueur.

C - comme Créativité

Uniquement accessible à ceux qui vivent au présent. Vous savez, ce moment où l’observation est dénuée de toute réflexion, dans une acceptation totale de ce qui se présente à mes yeux.

D comme Détermination

Cette force me pousse à continuer jour après jour à vivre mes rêves. Comme ce premier voyage au Japon en 2008, les extras en mariage en plus de mon travail de l’époque qui ont suivi et la vente de ma voiture afin de pouvoir m’offrir d’autres aventures en terre nipponne.

E comme Énergie

L'énergie prodigieuse du monde vivant à créer. J’y participe à ma mesure, pratiquement chaque jour, muni de mon appareil à figer des images dans un rectangle.

F comme Faire

Être un "faiseux" est ce qui me motive au plus haut point. Il n’y a que les faiseurs sui changent le monde. Quand j’ai pris mon billet pour le Japon cet hiver, j’y partais dans cet état d’esprit d’être "dans le faire" et produire sur place ce travail accès sur les Tokyoïtes.

G comme Gentillesse

Fondement de l’empathie. Au Japon, dans l’espace public du moins, être gentil est dans la norme. Une gentillesse masquant souvent timidité ou intérêt personnel mais gentillesse quand même. Ce qui étonne beaucoup de gaijins y arrivant pour la première fois.

H comme Histoire

L'histoire de nos vies se raconte à travers les images laissées par nos ancêtres depuis les premiers arts picturaux dans les grottes. Ici c’est la même, en ayant documenté les rues de ma ville pendant le confinement j’ai apporté ma pierre à l’édifice.

I comme Images

Celles qui se créent dans le cadre de mon objectif. Les règles imposées par le capteur rectangulaire et ma focale fixe de 50mm me laisse beaucoup de liberté en somme, comme celle de bouger autour de mes sujets, quitte à m’en approcher d’un peu trop près, comme dans les premières pages de mon livre. Là aussi la bienveillance est un point essentiel.

J comme Japon

Évidemment ! Pour cette culture si distincte et identifiable parmi toutes. Pour les Japonais bien sûr sans qui je n’aurais pu réaliser cet ouvrage et qui sont pour la majorité des gens adorables. Mais aussi pour la Joie que je ressens à pratiquer mon art jour après jour.

K comme Kirin

Les vrais savent ! 😉

Puis pour Kiki, le surnom qu’utilisait mon grand frère pour m’appeler dans mon enfance. Une enfance marquée par le Club Dorothée et ses mangas animés et autres Bioman. Ma fascination pour le Japon vient de là.

L comme Limite

Le temps limité de nos vies lui donne tout leur sens. C’est bien cette donne qui me pousse à vivre plus intensément, à rêver, aimer, produire, faire, entreprendre et j’en passe.

M comme Magie

Quand on ne sait expliquer une chose, on dit que c’est de la magie. J'aurais pu aussi choisir M comme Mouvement qui, s’il est figé, retranscrit tout de même son énergie, donne la force aux images. Tokyo est une ville sans cesse en mouvement.

N comme Nouveau

Chaque matin, chaque saison, chaque cycle. Ce sixième voyage au Japon était tout aussi nouveau que les six précédents. Il l’était encore plus que j’allais pouvoir m’immerger 5 semaines dans les artères de la plus grande aire urbaine au monde.

O comme Ondes

Celles qui fabriquent la matière à l’état quantique. Il y a toujours une part de mystère quand je descends d’une station de métro au hasard, quand je tourne à droite plutôt qu’à gauche, comme une énergie invisible, peut être sous forme d’ondes, qui me guide dans mon moment présent.

P comme Présent

Être présent au bon moment, quand l’illusion du temps disparaît. Mais aussi comme Photographie, bien sûr. Un marqueur du temps, un rêve pour nos ancêtres, nous possédons pour la plupart d’entre nous cet outil magique dans une de nos poches dorénavant.

Q comme Questions

Toutes les questions qui resteront sans réponses.

R comme Rêve

Avant d’être "dans le faire", il faut en rêver. Un univers parallèle où tout reste à créer et qui n’a besoin que de notre imagination pour qu’il prenne forme matérielle. J’ai déjà rêvé éveillé de photos qui ce sont réalisées peu après.

S comme Solitaire

c’est de cette manière que je vis le mieux mon art. Un rapport au moi entre égo artistique et détachement qui s’évanoui à l’instant où je passe en mode photographe, tout d’efface. Impossible de réaliser ce livre si j’avais été accompagné lors de mon voyage par exemple.

T comme Tokyoïtes

Ce projet me tient à cœur. Il me fait grand plaisir d’avoir les premiers bon retours des amateurs de Japon comme des photographes que je connais.

U comme Utile

Se rendre utile aux autres et nos descendants à travers nos diverses actions quotidiennes. Je trouve une fonction utile à faire s’évader et voyager, le temps de l’effeuillage, une personne qui parcourt mon livre. Encore plus quand cette personne n’a pas eu l’occasion d’aller en vrai à la rencontre de la capitale japonaise.

V comme Vie

Celle que je vis comme celle que j’observe, en tant que spectateur, de façon plus profonde encore quand mon boîtier se trouve à l’extrémité de mon bras. Là bas, la vie est bien différente, un vrai spectacle pour nos yeux d’occidentaux.

W comme Wagon

Celui dans lequel nous avons tous embarqués à notre naissance. J’ai l’impression que le train de nos vies ressemble de plus en plus au Shinkansen Japonais.

X comme Xénophobie

Elle est grandissante rongeant nos rapports aux autres, donnant à manger aux partis politiques qui joue sur la peur de l'autre et une certaine crise d’identité planétaire. Au Japon autant qu’ailleurs malheureusement. Là-bas, par exemple, les chinois sont souvent mal vus ou mal venus.

Z comme Zodiaque

Pour Les Chevaliers du Zodiaque, bien sûr, un animé mythique de mon enfance. Le courage et la persévérance de Seiya resteront gravés au plus profond de moi pour toujours !


Voilà, s'en est fini pour cette Dicoview. Pour découvrir les photos de Jocelyn, vous pouvez commander son livre et, rien que pour vous, je vous en ai mis quelques unes ci-dessous.

Et si l'exercice de l'interview alphabétique vous a plus, je vous invite à découvrir les deux premières où il est question d’Égypte ancienne et de bonne bouffe.

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Dicoview #4 : Maxime Gillio - Auteur de romans / amateur de super-héros

Dicoview #4 : Maxime Gillio - Auteur de romans / amateur de super-héros

Temps de lecture : 8 min

Dicoview #4 : Maxime Gillio - Auteur de romans / amateur de super-héros

L'invité d'aujourd'hui ne m'est pas tout à fait inconnu. J'ai découvert Maxime Gillio auteur de polars rigolos, inconditionnel de San Antonio et dunkerquois convaincu. Il y eu une première rencontre à Saint Chef en Dauphiné, un village qui a vu grandir le grand Frédéric Dard. S'en est suivi une aventure littéraire unique, à cheval entre les réseaux sociaux et le polar déjanté. L'exquise Nouvelle que ça s'appelait. Nous avons appris à nous connaître, nous avons même travaillé ensemble au sein d'un boîte de communication que nous avons créée avec un troisième loustic. Bout de chemin jusqu'à l'inévitable bifurcation de la vie. Depuis, c'est qu'il s'est construit une voie royale, le bougre ! S'extrayant du polar, il a depuis tâté à d'autres registres littéraires avec un succès qui n'a surpris que ceux qui ne connaissaient pas le talent de plume du monsieur.

Le premier roman que j'ai lu de lui, je l'ai dévoré. Instantanément conquis par l'histoire, l'humour, le style, les personnages, Virginia Valmain en tête. Je ne saurais trop vous conseiller la lecture des Disparus de l'A16. Un bijou. J'en garde un souvenir humide. Quelques lignes pas du tout prises au hasard :

- Y a un truc que j'ai pas compris : pourquoi Hulk, son pantalon, il craque jamais ?

- Le pantalon de... ? Putain, Lao, on est en pleine embuscade et tu viens me parler du pantalon de Hulk ? Ça va pas mieux, toi ?

- Ben quoi ? Elle est pas encore ouverte, la porte. Et je voudrais pas crever sans avoir eu la réponse à ma question.

- Écoute, à l'origine, c'est une BD pour les gosses. Tu voudrais quand même pas que les enfants lisent les aventures d'un géant qui montre ses couilles vertes grosses comme des pastèques ?

Et ce n'est que le début d'un dialogue d'anthologie d'une drôlerie implacable qui raviera les fans des comics Marvel mais pas que. Au-delà du fou-rire que me procura cet échange, c'est un sentiment nouveau que je vécus à la lecture de ces pages. Tout cela, c'était bien avant le MCU et les milliards de dollars engrangés au box-office par les capés et autre mouleburnés lycra à la bigarrure assumée. À ce moment-là, y avait peut-être eu un ou deux X-Men au cinéma, pas plus. Nous, fans de supers-héros, nous étions encore regardés comme des attardés. Et là, je découvrais qu'un auteur sérieux, sous-entendu hors phylactère, avait les mêmes références superhéroïques que moi. Dingue !

Cette passion pour les super-héros a pu transparaître deci delà, dans les romans de Maxime Gillio. Mais c'est dans sa première série jeunesse qu'elle s'exprime sans retenue. Super-Héros - Origines, le premier tome, est sorti en septembre dernier. Je l'ai dévoré en goûtant la double lecture et les nombreuses références aux héros et pouvoirs de chez l'Oncle Sam. Tiens, rien à voir mais quand même, vous saviez qu'Uncle Sam avait aussi été un super-héros créé par Will Eisner, papa du Spirit et inventeur de ce qu'on appelle aujourd'hui le roman graphique ? D'ailleurs, fin des années 90, il a fait l'objet d'un album dessiné par le talentueux Alex Ross chez DC Vertigo.

Super-héros Épisode 2 Révolte, sera disponible le 1er juillet dans toutes les bonnes librairies, comme on dit. Je vous invite à sa lecture dans les plus brefs délais (du premier aussi, hein !) ou d'en faire l'acquisition afin d'avoir une saine activité quand on sera de nouveau confinés. Mais, là, tout de suite, c'est à la Dicoview spéciale Super-héros de Maxime Gillio que je vous invite.

A comme Neal Adams

Son run sur les X-Men (c’était dans Strange ou Spidey ?), était magnifique, avec les Sentinelles, le Monolithe Vivant, etc. Quand on sait qu’aux États-Unis, ils lui avaient confié la série en sachant qu’ils allaient l’arrêter. Un enterrement de première classe. J’ai eu la chance de voir ses planches originales sur Batman il y a deux ans. Somptueuses ! Quel dommage qu’il les ait lui-même massacrées en version colorisée pour leur réimpression…

Et j’ajoute une occurrence pour faire un petit coucou à Astro City, librairie spécialisée en import comics US, à Lille, où j’ai claqué, et claque encore, beaucoup trop de sous…

B comme John Byrne

John Byrne. Obligé. Au-dessus de tous les autres. Proustien à mort. Je suis comme un chiot qui reste attaché à vie au premier humain qui vient le chercher. Imagine quand même que j’ai découvert Special Strange avec ce génie absolu. J’ai même acheté des Captain America en allemand pour le lire, et je serais prêt à casser mon compte épargne pour acheter une liste de courses de sa main. Ma plus belle pièce de lui ? Un Nightcrawler dédicacé réalisé lors d’une convention à Lille en 1992 ou 1993 !

C comme Tovaritch Colossus !

Y a-t-il une seule fois où ce bon vieux Piotr ne s’est pas pris une branlée par le premier méchant venu ? Le type est censé être le plus fort des X-Men, mais il se mange raclée sur raclée à chaque baston !

D comme Daredevil

Strange sans ce bon vieux Tête à cornes, ce ne serait pas pareil. Ma première rencontre avec DD ? Lorsqu’il affronte Bullseye. Y a pire comme arc narratif !

E comme Electro

Ou "Exemple ce qui peut se faire de pire comme adaptation cinématographique". Le vilain, dans sa version dessinée, est tantôt kitsch, tantôt criard, tantôt dans l’air du temps, mais il est iconique. Mais son adaptation dans Amazing Spider-Man 2, avec Jamie Foxx devrait être interdite par les conventions de Genève.

F comme Fatalis

(de l’avantage de pouvoir te répondre soit avec les noms français, soit avec les américains…). LE méchant ultime, non ? Torturé, romantique, gothique, sublime…

G comme Ghost Rider

Ou nouvel exemple d’assassinat cinématographique. Un comics original, un personnage qui sort de l’ordinaire, terrifiant, hardcore. Et à l’arrivée, Nicolas Cage qui cachetonne…

H comme She-Hulk

Oui, je préfère nettement la cousine à l’original. Outre que Jennifer Walters est incroyablement sexy, il FAUT lire le run de John Byrne (allô, docteur, je crois que je fais une fixette…) sur ce personnage. Il y a dynamité tous les codes de la narration, pulvérisé le plafond de verre pour un jeu constant entre ses personnages et le lecteur, c’est de la folie. Et en tapant cette réponse, une évidence m’apparaît, que j’avais occultée : une héroïne sexy, badass, et qui interpelle le lecteur en permanence ! Bon sûr, mais c’est bien sang ! Virginia Valmain est carrément influencée par Miss Hulk !

I comme...

Tu t’attendais à Iron-Man, hein ? J’aurais pu, note bien. Mais je préfère te parler d’Iron Fist. Et pourquoi ? Parce que je l’ai découvert dessiné par… John Byrne, bien sûr ! Et pour ma première rencontre avec lui, il se mettait sur la gueule avec Sabretooth. Sympa comme prise de contact, non ?

J comme J. Jonah Jameson

La quintessence onomastique de la règle de Stan Lee qui veut que pour se rappeler le nom d’un personnage, il faut une seule lettre pour ses initiales. D’ailleurs, JJJ n’est-il pas le patron de PP ? À noter que l’acteur J. K. Simmons fait un formidable Jonah Jameson au cinéma.

K comme Kubert

Peut-on imaginer famille plus talentueuse ? Joe, le père, et Adam et Andy, ses fils, dont je pouvais lire n’importe quelle série, pourvu qu’ils fussent au pinceau.

L comme Lee, évidemment

Mais pas que Stan, notre Dieu à tous, mais également Jim Lee, qui a dynamité la série X-Men à un point… J’avais levé le pied sur les comics depuis plusieurs années, et c’est à cause de lui que j’ai repiqué au jeu…

M comme Mort

L’une des raisons qui m’ont fait lever le pied sur les comics est le moment où j’ai réalisé que chaque mort de personnage n’était que provisoire. Quand tu comprends que tu vas forcément retrouver le défunt, sous n’importe quelle forme, à la faveur d’un reboot, d’une astuce scénaristique ou de la pression d’un marchand de jouets, forcément, tu perds en intensité émotionnelle. Les morts de Captain Marvel, Phénix, Gwen Stacy ou autres étaient sublimes, parce que censées être définitives.

N comme Nightcrawler

Ou Diablo. Mon X-Man préféré, que je vais d’ailleurs me faire tatouer dans pas longtemps. Ach !

O comme...

Je vais te citer Omega Red. D’abord parce que Doctor Octopus ne m’a jamais intéressé, et puis parce qu'Omega Red a la particularité d’avoir été dessiné par Jim Lee (voir lettre L) et scénarisé par John Byrne (voir… à peu près toutes les lettres de cet abécédaire). Sinon, je ne sais pas grand-chose d’autre sur ce personnage.

P comme Phénix

J’ai pleuré comme un veau à sa mort. Et je me suis toujours demandé si Claremont et Byrne avaient prévu de la faire revenir au moment où leur éditeur leur a imposé de la faire mourir (rappelons que dans la version initiale, elle était "seulement" lobotomisée pour lui supprimer son pouvoir destructeur).

Q comme Quasar

Mais honnêtement, c’est juste pour répondre quelque chose à la lettre Q. Sinon, je me fous un peu de ce personnage.

R comme John Romita, mec !

Je ne sais pas si les lecteurs actuels de comics savent ce qu’ils doivent à ce titan du dessin. Une influence certainement plus importante encore que celle de Byrne.

S comme Sasquatch

Parce que je me rends compte que je n’ai pas parlé de John Byrne depuis la lettre R ! Blague à part, j’ai adoré la série Alpha Flight ! Quel dommage qu’elle n’ait pas survécu longtemps au départ de son créateur, c’était excellent. Et puis mettre un nain comme super-héros (Puck), fallait oser ! Fort Boyard n’a rien inventé !

T comme Titans

Gamin, parmi toutes les publications Marvel, c’était celle qui m’intéressait le moins. Sans doute parce que j’étais moins intéressé par tout ce qui était SF ou space opera (et puis Star Wars en BD me faisait copieusement chier). Mais j’en ai récemment rouvert, et il y avait quand même de tout, un joyeux pot-au-feu éditorial, avec des personnages sacrément réussis (Drax le Destructeur) mais aussi les séries les plus dégueulasses graphiquement (Dazzler, mais quelle daube) !

U comme Ultron

Ou l’exemple de ce qu’un bon concept peut donner de plus chiant quand il est étiré, et étiré, et étiré… Ultron est aux Avengers ce que Magneto est aux X-Men ou Doctor Doom aux Fantastic Four. Comme un vieux tonton qui gêne un peu aux repas de famille, mais le jour où il n’est pas là, il reste une chaise vide encore plus gênante.

V comme Venom

Ou comment une commande Mattel qui foire peut arriver à créer un des vilains les plus iconiques du Spider Universe ! Parce que le costume noir de Spider-Man dans Secret Wars, merde, qu’est-ce qu’il était chiadé !

W comme Wolverine

Même si ça n’a jamais été mon personnage préféré, il faut bien reconnaître que l’irruption de « Serval » dans le Marvel Universe a complètement redistribué les cartes au niveau de la typologie gentil héros contre vilain méchant. Un personnage en or… en adamantium, pardon, pour tous les scénaristes.

X comme...

Et le huitième jour, Stan Lee et Jack Kirby créèrent les X-Men. Mon tout premier contact avec eux ? L’album Descente aux enfers, avec Nightcrawler (déjà lui) qui meurt le jour de son anniversaire, et que ses compagnons vont aller chercher dans les cercles de l’Enfer imaginés par Dante. Comment veux-tu que je sois le même après un album pareil ??

Y comme Yellowjacket

Et c’est tout ce que j’ai à dire, c’est le seul que j’ai trouvé avec un Y !

Z comme Zuydcoote

Cette ville à côté de Dunkerque, célèbre pour son hôpital maritime. Ma grand-mère y est conduite en urgence en 1980 pour un très méchant AVC. J’ai cinq ans. Et afin de me faire patienter, mes parents m’achètent une revue dans le kiosque à journaux de l’hosto. Mon premier Strange. Le 126. Sur la couverture, Iron-Man est aux prises avec Blizzard et Whiplash. Cet achat fut l’élément fondateur. Plus rien ne sera comme avant (et ma grand-mère survivra à son AVC !).

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Parc Astérix, la fin du TransDemonium - interview d'un de ses concepteurs

Parc Astérix, la fin du TransDemonium - interview d'un de ses concepteurs

Temps de lecture : 10 min

Parc Astérix, la fin du TransDemonium - interview d'un de ses concepteurs

C'est en lisant un article du site Dimension Parcs, très complet sur le sujet, que j'ai appris le démantèlement d'une attraction du Parc Astérix pour laquelle j'ai une affection toute particulière, le TransDemonium. J'ai d'ailleurs toujours aimé cette partie du parc gaulois qui va des deux tours rigolardes au spectacle Main basse sur la Joconde, une rue de Paris remontant le temps du moyen-âge au vingtième siècle. Quand il pleut, et ce n'est pas anecdotique dans la région, c'est l'endroit où on s'abrite en admirant le travail des artisans. Je ne résiste pas, malgré les fautes d'orthographe, à vous partager deux articles que je leur avais consacrés il y a plus de vingt ans : À la recherche des métiers perdus : partie 1 - partie 2. Vous profiterez au passage pour remarquer mes progrès en esthétique de site. 😉

TransDemonium était la seule attraction en ces lieux. Pour en savoir plus et se remémorer cette chouette aventure, j'ai proposé à Jean-Marc Toussaint, un des maîtres d’œuvre de l'attraction, de répondre à quelques questions sur le TransDemomium, de son origine à sa triste fin. Et je suis ravi qu'il ait accepté. L'interview est suivi de quelques dessins préparatoires du projet, souvent très drôles et surtout quasi-inédits (mot qui ne veut rien dire parce que soit c'est inédit, soit ça ne l'est pas mais vous m'avez compris, rares quoi !).

Bonjour Jean-Marc, peux-tu te présenter ?

Je suis graphiste, consultant artistique et scénographe. Je travaille pour les parcs de loisirs depuis le début des années 90, j’ai également travaillé avec des constructeurs d’attractions (Soquet, Reverchon, Pax Design, Coaster Works…). Plus récemment, j’ai collaboré avec Babyland en région parisienne sur le futur développement du parc, ainsi qu’à l’avant-projet d’un site de loisirs pour une fédération sportive. Je travaille beaucoup comme scénographe pour le théâtre (deux pièces à Avignon en 2019) ainsi que pour le cinéma et la TV (les effets visuels de Péplum, la folle histoire du mariage de Cléopâtre diffusé dernièrement sur M6).

Quel était ton taf dans la conception du TransDemonium ?

Un poste un peu hybride de show director, autant rattaché à la direction artistique qu’à la direction technique. On travaillait en binôme avec le chef de projet, Jean-Marie Chollet, qui s’occupait de la partie technique proprement dite, et je m’occupais de superviser les équipes artistiques. Et comme je suis aussi un peu technicien, la frontière entre les fonctions avait tendance à devenir floue. Donc, je pouvais autant arpenter le chantier avec les créateurs de la bande-son pour définir les axes des compositions musicales, que passer des heures avec les programmeurs des trains pour régler les vitesses et les à-coups des chariots. J’ai directement créé certains des effets (les fantômes séchant sur une corde à linge, les panneaux de signalisation, les ombres chinoises, les projections spectrales, la plupart ont disparu au fil des saisons…). Je me souviens avoir passé pas mal de nuits blanches avec Laurent Jourdin, de la maintenance, à régler le timing de déclenchement des effets. Un travail à mi-chemin entre la mise en scène (la façon de raconter l’histoire) et la scénographie (la création de l’espace où l’histoire va se raconter). Et j’ai aussi prêté ma voix à tous les personnages de l’attraction.

On sait qu'il y a souvent un gouffre entre le projet initial et la version finale d'une attraction, le budget passant par là. Peux-tu nous décrire l'attraction telle qu'elle existait sur papier ?

Comme diraient Dieudonné et Darmon dans Mission Cléopâtre, ce n’est pas toujours qu’une question de budget (ah non, ben, si, mais non, mais si…). Il faut, en fait, remonter à 1997. Le projet avorté de train fantôme à l’entrée de la Rue de Paris - voir la question suivante - a été vidé de ses entrailles depuis bien longtemps et le site sert de salle de répétition et d’entraînement aux cascadeurs et artistes des divers spectacles du parc. Je viens de collaborer aux panneaux explicatifs sur les coasters en bois installés à l’entrée de la file d’attente de Tonnerre de Zeus. Patrick Roger, alors directeur artistique, me demande quelques illustrations pour relancer un projet de train fantôme.

On part sur une histoire ayant un rapport avec l’eau, mettant en scène des chevaliers spectraux, gardiens d’une source magique, à la rencontre desquels les visiteurs se rendent lors d’un rite initiatique. On était plus dans une ambiance de dark-ride en bateau, façon Pirates of the Caribbean chez Disney ou Fata Morgana à Efteling (Pays-Bas), que de réel train fantôme. C’est resté sur une étagère. L’Oxygénarium, auquel je n’ai pas collaboré, et La Trace du Hourra (j’ai travaillé à la conception de la file d’attente) se sont insérés dans les plannings. On s’est remis au boulot en 2002.

Michel Linet-Frion, le show producer, avait déjà lancé le projet avec Farmer Studio (pour l’attraction dans son ensemble) et WGH (pour la partie système de transport) et il avait besoin de quelqu’un s’y connaissant autant en attractions qu’en fantastique/horreur pour l’assister à la coordination. Il trouvait la narration proposée par les Anglais un peu trop gentillette.

J’ai retravaillé l’histoire, reprenant l’idée de l’alchimiste et de sa machine à distraire les fantômes, étoffé le personnage du pantin, que j’ai baptisé Mario Passinette, et poussé un peu le bouchon pour que le visiteur se sente plus menacé. Après les premiers effets résolument un peu désuets du début, le reste de l’attraction virait à une sorte de fête foraine de cauchemar. Il y avait même un stand de tir dans lequel les visiteurs servaient de cibles ! Mais là, on m’a dit, « OK, super, on veut que ce soit effrayant, mais pour les enfants de 6 à 9 ans ». On a donc un peu amené la voile, ce n’était plus une question de budget mais de ciblage démographique.

À la réalisation, je regrette juste qu’on n’ait pas eu les moyens (ce coup-ci, c’était bien la question) pour créer un « liant » entre les scènes pour bien faire comprendre que tout ceci n’était qu’une grosse machinerie, avec des engrenages, des poulies, des mécanismes, passant d’un effet à un autre, le tout animé et entretenu par des petits démons rigolos.

Est-ce que le premier train fantôme très vite disparu du Parc Astérix a hanté le projet de son successeur ?

À part la conservation du thème, les peurs de l’An Mil, on ne peut pas dire que L’Apocalypse (nom du train fantôme original) ait pu avoir une quelconque influence sur le développement du TransDemonium. J’avais eu la chance de le tester lors de l’inter-saison 1989/1990, alors que les équipes du parc s’évertuaient à le mettre en route, les décors étaient assez chouettes, les véhicules (façon Bretzel, en forme de chauve-souris, il me semble qu’ils avaient été fabriqués par Reverchon) aussi. mais l’expérience était très courte. Je ne m’étendrai pas sur les problèmes techniques (dont une non-résistance à un éventuel incendie de certains éléments) mais il y avait également de gros soucis de capacité horaire pour un parc qui dépassait déjà le million de visiteurs annuel.

Les wagons du TransDemonium étaient particuliers et novateurs. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Le circuit et les trains ont été conçus par les Anglais de WGH, entreprise suggérée par Farmer Studios, qui fournissait l’ensemble de la thématisation. Au départ il s’agissait d’une entreprise spécialisée dans le convoyage industriel qui développait petit à petit une branche loisirs. Forts de leur expérience dans l’industrie lourde, ils avaient mis au point un système de train à crémaillère capable de négocier des pentes relativement fortes tout en maintenant une bonne vitesse. Une sorte de funiculaire sous stéroïdes. Ça leur a permis de réaliser quelques power-coasters.

Sur le TransDemonium, on avait treize trains de deux voitures. Chaque train était à même de se repérer sur le circuit par le comptage des dents de la crémaillère, le moteur savait donc quand accélérer, ralentir, s’arrêter, donner des à-coups, etc. On pouvait aisément et rapidement passer de 0 à 25 km/h. L’ensemble donnait donc des sensations de powered wild mouse. De plus, un système de repérage global donnait à chaque convoi la position des douze autres convois sur le circuit, donc en cas d’imprévu, un train pouvait adapter sa progression pour ne pas en rattraper un autre.

Ça paraît un peu dépassé aujourd’hui, à l’heure des attractions sans rails aux véhicules géolocalisés mais en 2003, c’était très novateur. Pour l’anecdote, les trains étaient également équipés de capteurs de proximité pour éviter toute collision en cas de défaillance du reste du système. Ces capteurs, fonctionnant aux ultrasons, étaient particulièrement sensibles à certaines fréquences, dont celles des chaînes qui se balançaient sur la grande porte à la fin de la première partie et des effets soufflant du plafond dans la zone après le départ. Il a donc fallu qu’on amortisse le bruit des chaînes et qu’on place des embouts de caoutchouc sur les jets pour en modifier le son afin d’éviter que les trains ne restent en rideau dans ces portions du circuit.

L'article de Dimension parcs décrit très bien les manques dans le suivi de l'attraction et les rustines dénaturant l'histoire originelle, d'année en année. Quelles sont celles qui, selon toi, ont été les plus préjudiciables à l'attraction ?

Tous les ajouts de déco au fil des saisons n’ont rien eu de préjudiciable, bien au contraire. On était tous conscients qu’il fallait étoffer l’attraction pour la faire évoluer, ce que le parc nous a permis de faire dans un premier temps au cours de la première saison (ajouts d’effets, déplacement et modification de certains éléments…) puis pendant l’inter-saison 2003/2004 (ajouts de nouveaux jeux de lumière, nouvelle bande-son, arrivée des rats, momies, araignées, chauve-souris…). Je regrette juste que les ajouts ultérieurs ne soient pas restés en cohésion avec le thème de départ mais je comprends la nécessité d’avoir voulu pousser le côté « train fantôme ». D’expérience, j’ai appris que la subtilité ne payait pas sur ce genre de projet et là, on a peut-être été trop subtils lors de la conception.

Ce qui est probablement le plus dommageable, c’est la réduction, voire la suppression, des effets de fumée et l’homogénéisation de la vitesse des trains. Mais les deux sont liés. On avait prévu un enfumage assez conséquent pour bien sculpter les effets de lumière et désorienter les visiteurs de l’attraction mais la fumée laissait un résidu graisseux qui ne faisait pas bon ménage avec certaines pièces mécaniques des trains, ce qui entraînait des dysfonctionnements, les convois ayant parfois du mal à ralentir ou à accélérer.

Ce qui est également dommage, c’est que toute la file d’attente avait été prévue comme une fun house et que cela n’ait jamais été complètement exploité. Il y a deux couloirs d’accès dans les murs qui permettaient d’aller surprendre les visiteurs autour de la grande salle du puits et près de la colonne de gargouilles soufflantes. On pouvait aller sonner la cloche, faire grincer une porte, envoyer de l’air sur les pieds des visiteurs, leur chuchoter des trucs inquiétants à l’oreille. Dans les premières semaines, avec quelques collègues, on allait s’amuser à surprendre les gens quand on passait dans le coin. Il aurait fallu des scare actors à plein temps, comme dans les labyrinthes qui fleurissent au moment d’Halloween. C’est très courant aujourd’hui mais c’était inédit à l’époque. Il aurait peut-être fallu qu’on automatise tout cela. J’ai toujours considéré la file d’attente comme le premier chapitre de l’attraction.

Jeu d'esprit. Tu te retrouves au commencement du projet avec tout ce que tu sais aujourd'hui. Que referais-tu différemment dans la conception du TransDemonium ?

Avec les technologies actuelles, le champ des possibles reste largement ouvert. J’envisagerais probablement quelque chose d’encore plus sombre et encore plus enfumé, avec plus d’effets de projections. Avec deux ou trois passages vraiment inquiétants. Je garderais certainement l’idée de la Wild mouse contrôlée, mais avec des wagons rotatifs. Et j’en ferais un jeu de tir interactif, façon Buzz Lightyear à Disney ou, plus modestement, El Paso à Bobbejaanland (Belgique), histoire d’inciter les visiteurs à revenir plusieurs fois sur l’attraction et concourir les uns contre les autres (idée que j’ai d’ailleurs suggérée au parc dans les premières années d’exploitation).

Mais surtout, j’équiperais les véhicules de véritables arceaux de sécurité maintenant correctement les visiteurs dans leurs sièges, pour éviter qu’ils se lèvent pendant le parcours, mettant ainsi leur sécurité (et celle des autres) en danger. C’est arrivé. Pour éviter aussi qu’ils détériorent les décors et les effets. C’est arrivé aussi. Et dès les premiers jours. L’une des premières choses que tu apprends dans cette industrie, c’est qu’il ne faut jamais sous-estimer la « créativité » (pour rester poli) des visiteurs.

Aujourd'hui, c'est acté, l'attraction va être démantelée. Quels sont les sentiments que cela réveille en toi ?

C’est non seulement acté mais le démontage est en cours. Je ne vais pas te mentir, ça m’attriste un peu mais c’est la loi des choses. L’attraction représente une emprise foncière conséquente sur le parc (près d’un demi hectare) et si elle ne remplit pas sa fonction d’occuper autant de visiteurs à l’heure et au mètre carré que prévu, il faut songer à la remplacer. Au cours de ma carrière, j’ai vu pas mal d’attractions auxquelles j’avais collaboré fermer leurs portes. J’ai même assisté à l’arrêt d’activité de parcs entiers sur lesquels j’avais travaillé, c’est le jeu, il faut passer à autre chose.

Sans flagorneries aucunes, j'ai toujours été bluffé par la qualité de tes idées en matière de scénarisation d'attractions. Quelles sont celles dont tu es le plus fier ?

Vil flatteur…

Blague à part, en dehors du TransDemonium, qui occupe une place spéciale dans mon cœur, l’une des réalisations dont je suis le plus fier, c’est l’installation des petites attractions à France Miniature. On ne disposait que d’un tout petit budget et on était coincés avec les quatre seules couleurs disponibles chez le constructeur, à savoir vert, rouge, jaune, bleu. Le parc, jusqu’à lors, n’attirait que des visiteurs adultes et le projet d’implantation des attractions visait à séduire une clientèle d’enfants. J’ai donc imaginé que ce seraient les enfants qui auraient été en charge de décorer les attractions. Du coup, on a réalisé des barrières en formes de crayons de couleurs, des panneaux ressemblant à des pages de cahiers et des graffitis sur les manèges, toujours dans la gamme de couleurs dictée par le constructeur. La contrainte technique transformée en démarche artistique, j’adore ça.

Dans la même idée, quelles sont celles que tu aurais aimé avoir ?

Il y a pas mal de choses qui m’ont bluffé sur les parcs donc ce serait difficile de tout lister ici. Souvent ce sont de petits détails, comme la signalétique du parc Knoebel’s en Pennsylvanie. Mais cela peut être des éléments plus spectaculaires, comme la séquence de téléportation de l’attraction Star Trek qui existait jadis à Las Vegas. Les idées découlent souvent des expériences passées. On apprend chaque fois un peu plus. On accumule les données. Chaque nouveau projet, quel que soit son ampleur, est un nouveau défi. Et chaque nouveau projet bénéficie des idées trouvées lors des réalisations précédentes. Ce qui, en général, te suggère de nouvelles idées. Le processus est passionnant.

Merci pour tout, Jean-Marc !

 

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