L'histoire des Dreamland

19 Avr 2020 | Les parcs d'attractions | 4 commentaires

Temps de lecture : 12 min

En ce moment, je vis le paradoxe de la possibilité d'une audience record et d'un manque flagrant - appelons ça lassitude virale - d'entrain à l'écriture d'article. Je les vois les collÚgues qui bombardent profitant de l'aubaine, les malins. Ma plume pÚse une tonne, elle s'embourbe, se molduse, se blobise, s'enlise, morne confinement.

Et puis, il y a quelques jours, j'ai vĂ©cu l'Ă©tincelle salvatrice. Parmi les posts du fil d'actualitĂ© Facebook que je compulsais nĂ©gligemment, celui de Jean-Marc Toussaint m'a boostĂ© l'envie. Mais si, vous le connaissez. Je l'ai interviewĂ© lors de la fermeture du Transdemonium du Parc AstĂ©rix. En plus d'ĂȘtre un professionnel des parcs d'attractions, JMT est un passionnĂ© de roller coasters. En cette pĂ©riode de #RestezChezVous, il a dĂ©cidĂ© de partager sur son compte FB un vidĂ©o par jour de ses montagnes russes prĂ©fĂ©rĂ©es. LĂ , c'Ă©tait le Scenic Railway du parc Dreamland. On s'est appelĂ©. Je lui ai demandĂ© s'il m'autorisait Ă  utiliser son texte dans le cadre d'un article aux contours assez flous Ă  ce moment du game. Il a tout de suite acceptĂ©. Un prince.

J'avais mon coup de pied au cul. J'avais la matiÚre. Il me manquait l'angle. Puis vint l'illumination. Et si je vous racontais l'histoire des Dreamland. En fin d'article, je vous proposerai une liste des "autres Dreamland" mais pour l'heure, nous allons nous intéresser aux parcs d'attractions ayant porté ce nom. Vous allez découvrir une histoire incroyable, riche, aux ramifications insoupçonnées, avec ses joies, ses drames et ses happy end, parfois. Dreamland au pays de la réalité, c'est parti !

Bienvenue Ă  Dreamland

Quand on parle parcs d'attractions, parcs Ă  thĂšmes, Ă  un moment ou Ă  un autre le nom de Disney s'invite inĂ©vitablement dans la conversation. On ne prĂȘte qu'aux riches. Cet article ne dĂ©rogera pas Ă  la rĂšgle. Parlons-en mĂȘme tout de suite. Dreamland, c'est le nom du parc d'attractions qu'on dĂ©couvre dans la deuxiĂšme partie du live action de Dumbo sorti dans les salles l'an dernier. Son rĂ©alisateur, Tim Burton, n'a jamais cachĂ© son amour en mĂȘme temps que son ressentiment envers la sociĂ©tĂ© Ă  la souris. Une histoire compliquĂ©e. Alors quand le mĂ©chant de l'histoire se trouve ĂȘtre le propriĂ©taire cupide d'un parc d'attractions, tout le monde imagine une critique vengeresse envers ceux-lĂ  mĂȘme qui le payent pour le film. C'est que le cĂŽtĂ© gothique du rĂ©alisateur ne trouve que trĂšs peu d'Ă©cho dans les lieux barbapapa, si on excepte les Phantom Manor, et autres Haunted Mansion oĂč l'univers de Tim Burton s'invite tous les ans de la pĂ©riode d'Halloween aux fĂȘtes de NoĂ«l avec une rethĂ©matisation façon Étrange NoĂ«l de M. Jack. Et puis, si le premier film issu d'une attraction Disney, bien avant Pirates des CaraĂŻbes, Le Manoir hantĂ© et les 999 FantĂŽmes, avait eu Tim Burton comme rĂ©alisateur plutĂŽt que Rob Minkoff Ă  qui l'on doit pourtant l'excellent Roi lion (version animĂ©e), ça aurait eu une autre gueule et assurĂ©ment un meilleur box office.

Mais mĂȘme si on trouve des bouts de Disney World dans le Dreamland de Burton comme Wonders of Science qui ressemble beaucoup trop Ă  Carousel of progress de Tomorrowland au Magic Kingdom de Floride, la prime inspiration est ailleurs. Un indice s'est glissĂ© dans la prĂ©sentation de l'antagoniste du film lors de sa premiĂšre apparition Ă  l'Ă©cran : "L'empereur du divertissement, l'architecte des rĂȘves, le Christophe Colomb de Coney Island, V.A. Vandevere."

Au début étaient les trolley parks

Au 19Ăšme siĂšcle, aux États-Unis, les compagnies des transports voulant inciter Ă  l'utilisation de leur tramways ou de leurs trolleybus dĂ©cidĂšrent de concevoir des destinations de rĂȘve aux terminus de leurs lignes. Ainsi naquirent les trolley parks, plus ou moins ancĂȘtres de nos parcs d'attractions. Au dĂ©part juste des aires de pique-nique, des pavillons proposant parfois des concerts ou des soirĂ©es feux d’artifices, ces lieux de loisirs Ă©voluĂšrent avec l'ajout de piscines, de carrousels, de grandes roues, de roller coasters, etc.

Les premiers parcs voient le jour Ă  partir des annĂ©es 1830 du cĂŽtĂ© de... Coney Island, on y vient, une presqu'Ăźle situĂ©e au sud de Brooklyn Ă  New York. En 1876, deux millions de passagers utilisent la ligne de tramway hippomobile entre Brooklyn et Coney Island pour visiter les parcs. Le premier parc d'attractions permanent des states Ă  demander un prix d’entrĂ©e sous forme de tickets ouvrit Ă  Coney Island en 1895. Il s'appelait Sea Lion Park, Le succĂšs grandissant de ce nouveau type de destination attira les investisseurs sur la pĂ©ninsule. Steeplechase Park fut le premier Ă  voisiner en 1897, suivi de Luna Park en 1903 et de... Dreamland en 1904.

Au dĂ©but du vingtiĂšme siĂšcle, on comptait plus d'une centaine de parcs de la sorte Ă  travers le monde, une grande majoritĂ© Ă©tant Ă©parpillĂ©e sur le sol amĂ©ricain. L'Ăąge d’or des parcs d'attractions dure jusque dans les annĂ©es 1920. Il faut dire qu'avec l'augmentation du nombre d'automobiles, les transports en communs sont dĂ©laissĂ©s. De nouveaux parcs plus Ă©loignĂ©s des mĂ©tropoles voient le jour. Ils ont l'avantage d'ĂȘtre plus grands parce que situĂ©s sur des terrains moins chers. MĂȘme s'ils ne sont accessibles que par les seuls automobilistes, leur succĂšs est grandissant et de nombreux trolleys parks en pĂątissent. La fin d'une Ăšre. C'est rigolo parce qu'Ă  quelques dĂ©tails prĂšs, on retrouve dans ces changements les Ă©lĂ©ments de l'intrigue de Qui veut la peau de Roger Rabbit avec Townville dans le rĂŽle du parc Ă  thĂšme.

Le premier Dreamland

Mais revenons dans la rĂ©alitĂ©. Le Dreamland  de Coney Island, le premier des Dreamland, est créé en 1904 par l'homme d'affaires William H. Reynolds, un promoteur immobilier qui dĂ©veloppa quelques quartiers de Brooklyn comme Prospect Heights et Borough Park Ă  la fin des annĂ©es 1890. Il s'associa au Tammany Hall, un nom qui vous dira quelque chose si vous ĂȘtes fĂ©ru d'histoire amĂ©ricaine ou si vous avez vu le film de Scorcese Gangs of New York. Sinon, sachez que cette organisation est devenue un symbole de la corruption aux États-Unis. Il faut dire que Reynolds n'Ă©tait pas non plus une oie blanche. Pour concevoir le parc, il fait acheter par des prĂȘte-noms deux petites parcelles de terrain Ă  un tarif tout Ă  fait modique au vu de l'envolĂ©e des prix sur Coney Island. Elles sont sĂ©parĂ©es par une rue publique, West 8th Street, l'empĂȘchant de les rĂ©unir pour en faire un espace propice Ă  recevoir moult attractions. Quelques graissages de mains plus tard, la rue est fermĂ©e et cĂ©dĂ©e au promoteur. Une bonne affaire puisque le prix des propriĂ©tĂ©s nouvellement connectĂ©es double de valeur du jour au lendemain. Petite anecdote croustillante, des annĂ©es plus tard, on dĂ©couvrit que Dreamland avait consommĂ© des millions de litres d'eau aux frais du contribuable Ă  partir des conduites d'incendie de la West 8th Street qu'on avait oubliĂ© de fermer.

Rien ne peut plus empĂȘcher les travaux de commencer. Le parc profite de la premiĂšre annĂ©e d'expĂ©rience de Luna Park pour investir dans les attractions Ă  succĂšs. Une architecture Ă©lĂ©gante, des expositions Ă©ducatives, un parcours de montagnes russes, une copie des canaux vĂ©nitiens avec balades en gondoles, un village de lilliputiens et une note d'Ă©lectricitĂ© faramineuse puisque le parc a la rĂ©putation d'ĂȘtre composĂ© d'un million d'ampoules Ă©lectriques. Ce gros avantage sur la concurrence fut malheureusement le clou de son cercueil. Le 27 mai 1911, vers 1 heure 30 du matin, une sĂ©rie d'ampoules explosent et met le feu Ă  une attraction du nom de, ça ne s'invente pas, Hell Gate, en français "La porte de l'enfer". L'incendie se propage rapidement sur tout le parc. Les conduites d'incendie mise Ă  contribution autrement que pour leur rĂŽle premier, comme nous l'avons vu, ne suffisent pas Ă  circonscrire les flammes.

[SPOILER ON] Vous avez remarquĂ© ? La mĂȘme fin que dans Dumbo. [SPOILER OFF] 

Aujourd'hui, si vous vous rendez à Coney Island, vous trouverez L'Aquarium de New York et la station de métro qui lui est réservée à l'emplacement du parc.

Pendant ce temps lĂ , en Australie...

Deux ans aprÚs l'ouverture du parc de Coney Island, un petit frÚre au nom identique voit le jour en Australie, dans la banlieue de Melbourne de St Kilda. Son instigateur, Eric Salambo,est un artiste de vaudeville qui n'entend que trÚs peu de choses à la gestion de ce type de lieu. Et malheureusement, le parc connaßt une vie plus courte que le Dreamland originel fermant ses portes en 1909 aprÚs seulement 3 saisons, probablement à cause de prix trop élevés.

Et c'est lĂ  que le miroir inverse l'histoire prĂ©cĂ©dente. Quand du cĂŽtĂ© de Coney Island, Dreamland naĂźt pour enterrer le concurrent dĂ©jĂ  en activitĂ© Luna Park, Ă  Melbourne, Dreamland meurt pour laisser la place Ă  un nouveau parc en 1912, un nouveau parc intitulĂ©... Luna Park. Étonnant, non ? Cette fois, l'Ă©quipe Ă  l'origine du parc est composĂ©e de professionnels. La Greater JD Williams Amusement Company s'associe Ă  des dizaines de designers, constructeurs et experts de foires du monde entier dont certains se sont distinguĂ©s Ă  Coney Island justement. Le succĂšs est immĂ©diat.

Non seulement le parc est toujours en activitĂ© aujourd'hui mais il a en son seing les plus vieilles montagnes russes du monde, inaugurĂ©es en mĂȘme temps que le parc. Une petite prĂ©cision toutefois. C'est parce qu'elles ont fonctionnĂ© sans interruption depuis leur ouverture qu'elles peuvent s'enorgueillir de ce titre. Parce que, sinon, les "vraies" plus vieilles sont Leap The Dips de Lakemont Park, ouvertes depui 1902 mais avec une interruption entre 1986 et 1998. Ah oui, j'ai oubliĂ© de vous donner leur nom, Scenic Railway.

Feat. Jean-Marc Toussaint

Et comme le hasard fait bigrement bien les choses, c'est un autre Scenic Railway que présentait Jean-Marc dans le post que j'évoquais en début d'article. Mieux, ce roller coaster est une attraction d'un parc situé à Margate dans le sud-est de l'Angleterre, un parc dont le nom vous dira quelque chose... Dreamland. It's a fucking small world, isn't it?

Je laisse maintenant la plume à Jean-Marc Toussaint, ce qui en terme élégant veut dire que sans pitié j'y vais de mon copié-collé de post Facebook, grosse feignasse que je suis :

"Le parc ouvre en 1880 mais ne prendra le nom de Dreamland qu’en 1920, annĂ©e de construction de son coaster en bois, le Scenic Railway. Jusqu’aux annĂ©es 90, c’est l’une des destinations touristiques les plus prisĂ©es d’Angleterre, offrant un pendant Ă  Blackpool Pleasure Beach, Ă©difiĂ©, lui, au nord de Liverpool. AprĂšs la reprise par un opĂ©rateur de casino local peu attentif, le parc tombe un peu en dĂ©suĂ©tude.

Ma premiĂšre visite date de 2000, en compagnie de mon vieil ami Justin (fondateur du magazine First Drop et de l’European Coaster Club) et de ma bande de joyeux turlurons, les Coasterboyz. C’est le coup de foudre. Nonobstant la perte de son vernis, le site possĂšde un charme indĂ©niable, et le coaster, qui n’est ni le plus haut, ni le plus rapide qui soit, est un vĂ©ritable morceau d’histoire, reprĂ©sentant la quintessence des attractions familiales Ă  sensations telle qu’on les concevait pendant l’Âge d’Or.

Et puis, en septembre 2003, le couperet tombe.

L’opĂ©rateur dĂ©cide de raser le parc pour rĂ©aliser une opĂ©ration immobiliĂšre. On est en bord de mer, l’emplacement est idĂ©al.

Je saute dans ma voiture pour assister Ă  la soirĂ©e d’adieu. Une trĂšs belle fĂȘte, digne et triste.

C’est alors qu’entre en scĂšne Nick Laister. Le gars est un spĂ©cialiste de la planification des espaces de loisirs. TrĂšs attachĂ© Ă  Dreamland et au Scenic, il parvient Ă  faire classer le coaster au catalogue des bĂątiments historiques. La vĂ©nĂ©rable attraction ne pouvant ĂȘtre ni dĂ©montĂ©e, ni dĂ©placĂ©e, l’opĂ©rateur ne peut plus lancer son projet. Une bataille juridique s’engage.

Avec la fermeture du parc, c’est le cƓur mĂȘme de la ville qu’on poignarde. Les vacanciers, qui se rarĂ©fiaient dĂ©jĂ  depuis quelques annĂ©es, vont cesser de venir Ă  Margate. Boutiques, restaurants et hĂŽtels vont fermer leurs portes. Dreamland est un vĂ©ritable enjeu Ă©conomique.

Je propose alors mes services Ă  Nick et Ă  sa campagne de sauvetage. Je suis l’un des rares professionnels Ă  m’intĂ©resser de prĂšs Ă  l’affaire. Nous crĂ©ons le plan conceptuel du parc idĂ©al que nous souhaiterions voir renaĂźtre afin d’intĂ©resser des repreneurs. J’organise mĂȘme une visite avec des reprĂ©sentants du Parc AstĂ©rix (le groupe est alors en pleine phase d’acquisition de petits sites Ă  l’étranger) mais le prix demandĂ© par le propriĂ©taire est exorbitant.

Mais mon projet de renaissance est un vrai pavé dans la mare. Repris dans la presse, à la télévision et à la radio, il aide à remettre Margate et Dreamland sous le feu des projecteurs.

Nick et son Ă©quipe finissent par lever des fonds et je me retrouve Ă  produire d’autres versions du plan, plus rĂ©alistes, ainsi que des dessins conceptuels pour un parc d’attractions qui ferait Ă©galement office de musĂ©e
 sur les parcs d’attractions !

Notre travail va payer. En ciblant les demandes, nous obtenons une subvention de la Loterie Nationale pour la prĂ©servation des sites historiques, ainsi qu’une autre, initiĂ©e par le Prince de Galles, destinĂ©e Ă  la rĂ©habilitation des stations balnĂ©aires britanniques.

Le 7 avril 2008 nous parvient la plus Ă©pouvantable nouvelle qu’on puisse imaginer. Un incendie s’est dĂ©clarĂ© dans le local technique du Scenic. MalgrĂ© les efforts des pompiers, la gare, les trains, l’atelier de maintenance et 25% de la structure ont disparu dans les flammes. SoupçonnĂ© - mais cela n’a pas Ă©tĂ© prouvĂ© - d’avoir commanditĂ© l’incendie, le propriĂ©taire est contraint par la ville de vendre le parc Ă  un prix raisonnable. Margate se porte acquĂ©reur du site. MalgrĂ© le drame, on entrevoit enfin une issue.

Au cours des annĂ©es qui vont suivre, je me retrouve engagĂ© comme senior-consultant pour piloter le conseil d’experts et le cabinet d’architecture. Je perds cependant le poste de designer principal, celui-ci revenant Ă  une agence de pub rĂ©tro-chic - imposĂ©e par le nouvel opĂ©rateur du parc - ayant le vent en poupe. Ce qui va coĂ»ter beaucoup trop d’argent Ă  mon goĂ»t. VoilĂ , c’est dit. Mais quand un projet comme celui-ci prend de l’ampleur, on ne peut plus tout contrĂŽler. HĂ©las.

Toujours est-il qu’aprĂšs 12 de travail acharnĂ©, Dreamland ouvre Ă  nouveau ses portes le 19 juin 2015. J'assiste Ă  la cĂ©rĂ©monie. Avec Nick et Justin, on fuit quelques instants les mondanitĂ©s pour partager un traditionnel Fish'n'Chips Ă  l'entrĂ©e du parc. Nous fondons tous en larmes et tombons dans les bras les uns des autres.

Le Scenic Railway, entiÚrement restauré, ouvre quelques semaines plus tard.

La premiÚre saison sera un peu rude. Quelques erreurs commises par la direction (ce serait trop long à expliquer mais - par exemple - imposer le billet à tarif unique sur une site qui, depuis cent ans, était en accÚs libre avec des attractions payantes
) vont rebuter le public.

Un autre opérateur prend les choses en main et le parc sort du rouge en octobre 2017.

Life is a rollercoaster, with ups and downs. Just ride it !

Mais que dire de plus au sujet du Scenic Railway ? Un long circuit de 900 m, une hauteur (vertigineuse) de 12m, une vitesse maximale de 56 Km/h, un Ă©lĂ©vateur Ă  cĂąble, et des sensations qui varient d’un tour Ă  un autre fonction de l’humeur du technicien, embarquĂ© sur chaque train, qui en contrĂŽle le freinage. Quand il sent qu’il a Ă  son bord une bande de fans, il lĂąche tout. Un rĂ©gal. Et quelle fiertĂ© d'avoir pu contribuer Ă  sa renaissance.

Thanks for all your help through the years, Jean-Marc. You were the first person to bring our vision alive on a masterplan, which allowed us to go out there to people like Heritage Lottery Fund and the UK Government and ask them to support the project financially. You stayed with the project for what must be 10 years, and your input at design meetings was always appreciated.
Nick Laister, Chairman, The Dreamland Trust

I just love the smell of grease and wood of a newly-reborn coaster in the morning
"

Avant votre tour virtuel de Scenic Railway, si vous voulez en savoir plus sur l'étonnante renaissance du Dreamland de Margate, je vous invite à la lecture de quelques articles de presse (en anglais) ICI et ICI. Et puis il y a celui-ci aussi :

Quand Disney à son corps défendant boucle la boucle

Terminons ce tour d'horizon par le Japon avec une petite escale aux États-Unis. Nous sommes fin des annĂ©es 50. Walt Disney vient d'ouvrir son parc. Kunizu Matsuo, prĂ©sident de la Nihon Dream Kanko, profite de son sĂ©jour amĂ©ricain pour visiter Disneyland. Il en a beaucoup entendu parler et veut se rendre compte par lui-mĂȘme de ce que donne ce nouveau lieu de loisirs. Il est Ă©bahi. Mieux que tout ce qu'il avait pu imaginer. À telle enseigne qu'il dĂ©cide de contacter Walt pour lui proposer une collaboration pour un projet qui ne quitte plus son esprit : construire un Disneyland au Japon, Ă  Nara. Les deux hommes travaillent ensemble mais de sĂ©vĂšres diffĂ©rents lors de la phase de construction sur les coĂ»ts de franchise mettent fin Ă  leur alliance. Exit Nara Disneyland et bonjour... Nara Dreamland.

Ce n'est donc pas un hasard si ce parc disparu en 2006 ressemblait trĂšs fortement Ă  Disneyland (voir la carte ci-dessous). Pour le plaisir des amateurs d'urbex, il fut laissĂ© Ă  l'abandon 10 ans avant d'ĂȘtre dĂ©finitivement dĂ©moli en 2016.

Ça me file toujours la chair de poule de voir un parc d'attractions Ă  l'abandon. Le choc du rĂȘve et de la rĂ©alitĂ© sans doute. Si ça vous tente malgrĂ© tout, je vous invite sur le site de Jordy Meow pour dĂ©couvrir ses photos du lieu quelques annĂ©es aprĂšs sa fermeture.

Les autres parcs Dreamland

Le nom Ă©vocateur de plaisirs, vous le savez maintenant, a marquĂ© l'histoire des parcs d’attractions. C'est pour cette raison qu'il fut repris plein de fois un peu partout sur la planĂšte. L'article Ă©tant suffisamment long, je vous liste simplement quelques autres parcs Dreamland :

  • Seabreeze (Rochester, États-Unis) se nomma Dreamland des annĂ©es1940 jusque dans les annĂ©es 70
  • Dreamland (Seoul, CorĂ©e du Sud) a fermĂ© ses portes dans les annĂ©es 2000
  • Dreamland (Minsk, BiĂ©lorussie) ouvert en 2010 est toujours en activitĂ©
  • Dreamland (Koriyama, Japon) un autre parc japonais de la prĂ©fecture de Fukushima
  • Dream Land (Phnom Penh, Cambodge) ouvert en 2011 et fermĂ© en 2016
  • Dream Land (Isfahan, Iran) ouvert en 2014 et toujours en activitĂ©
  • Dream Land (Chittagong, Bangladesh) parc familial ouvert dans les annĂ©es 2000
  • Magic Land (Amman, Jordanie) qui porta Ă©galement le nom de Dreamland
  • Dreamland (Decatur, États-Unis) un trolley park Ă  la courte vie, de 1905 Ă  1911

Les autres Dreamland

Dreamland, c'est aussi :

  • Une sĂ©rie de manga de Reno Lemaire publiĂ© pour la premiĂšre fois en janvier 2006 ;
  • Une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e d'animation diffusĂ©e du 21 novembre 2009 au 26 novembre 2009 sur BBC ;
  • Le titre original de Zone 51, un Ă©pisode de X-Files ;
  • Le titre de pas mal de films comme ceux de Jason Matzner (2006), de James P. Lay (2007) ou encore de Nicholas Jarecki, dont la sortie est prĂ©vue en 2020 ;
  • Le titre d'un paquet de BD (la liste est trop longue) ;
  • D'un Ă©diteur de livres de cinĂ©ma ;
  • D'une enseigne de magasins de jouets belge ;
  • D'un groupe de heavy metal suĂ©dois.

Sources infos : Jean-Marc Toussaint, Wikipédia, cinemablend.com, heartofconeyisland.com, japanpropertycentral.com
Sources images : www.framestore.com, viewing.nyc, stephenk1977, www.kentonline.co.uk, Jordy Meow

 

 

4 Commentaires

  1. JMT

    Petite anecdote en bonus Ă  l'article de David :
    Lors des premiĂšres rĂ©unions prĂ©paratoires, j'avais suggĂ©rĂ© au reste de l'Ă©quipe qu'il fallait qu'on s'inspire, pour notre zone de restaurants, de la voie piĂ©tonne qui longe le coaster en bois de Tivoli Ă  Copenhague. Une sorte de mini Main Street avec Ă©choppes et restaurants Ă  l'ambiance trĂšs chaleureuse. Ça me paraissait idĂ©al pour Dreamland. Lors de mes tours de repĂ©rages autour du site, pour Ă©tudier les perspectives et les dĂ©couvertes, je me suis rendu compte de deux choses. 1 / Une des avenues proche de Dreamland s'appelle Tivoli Park Avenue. 2 / l'avenue tracĂ©e Ă  l'ouest du parc (et qui rejoint Tivoli Pk Av.) s'appelle All Saints Avenue. La traduction littĂ©rale en anglais de mon nom. Quand les signes s'y mettent...

    Réponse
    • Le proprio du blog

      Comme quoi, il n'y a pas de hasard. 😉

      Réponse
  2. Vincent

    TrĂšs bon article, bravo et merci ! Avec des guest-star de renom en effet !

    Je voulais ajouter que le terme "Dreamland" était si fortement attaché à l'histoire des lieux de divertissement qu'il avait inspiré le nom d'une trÚs belle exposition du Centre Pompidou en 2010 : "Dreamlands". Cette exposition faisait le lien entre l'histoire du divertissement, la création artistique, la conception urbaine/architecturale, le rapport au tourisme et à la destination. Des lieux comme Coney Island, EPCOT, Las Vegas étaient présentés sous un angle tout à fait différent.
    Cette exposition passionnante m'avait vraiment marqué.

    Le catalogue complet n'est plus en vente mais en voici un aperçu :
    http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-dreamlands/ENS-dreamlands.html

    Réponse
    • Le proprio du blog

      Bonjour Vincent,

      Grand merci pour le compliment qui me va droit au cƓur. Et merci Ă©galement pour l'info et le lien. TrĂšs intĂ©ressant. Quel dommage que je n'ai pas poussĂ© suffisamment mes recherches pour ĂȘtre tombĂ© dessus. 🙁

      Réponse

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